Les directeurs des centrales nucléaires françaises apportent leur soutien aux salariés de Fessenheim

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La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) cessera de produire de l?électricité fin 2016. Au grand dam des salariés et d?EDF?
La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) cessera de produire de l?électricité fin 2016. Au grand dam des salariés et d?EDF?

Comme on pouvait s'y attendre, la fermeture prochaine de l'unité alsacienne ne fait pas que des heureux.



Les associations de protection de l'environnement, EELV ? dont il n'est pas exclu que ses responsables en auraient fait un casus belli et exigé de Cécile Duflot et Pascal Canfin, respectivement ministre du Logement et ministre délégué au Développement, qu'ils quittent le gouvernement si le chef de l'Etat était revenu sur sa promesse ? et nombre d'élus locaux sont soulagés : conformément à l'engagement pris lors de la campagne présidentielle, la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), doyenne du parc atomique national construite en bordure du Grand Canal d'Alsace et dans une zone sismique, cessera ses activités d'ici fin 2016. Reste à savoir comment sera compensée la perte de production électrique, sachant que cette structure représente aujourd'hui près des deux tiers de la consommation énergétique alsacienne et qu'il ne sera pas possible de compter durablement sur l'apport des pays frontaliers, l'Allemagne et la Suisse devant démanteler la totalité de leurs installations nucléaires aux horizons 2022 et 2034. On ignore également le sort qui sera réservé aux salariés, même s'il ne fait pas de doute à ce stade qu'ils participeront au démantèlement.


Rappelons par ailleurs que cette fermeture, qui tient sa source de l'accident de Fukushima (Japon), ne signifie pas que l'opérateur EDF pourra s'affranchir des travaux exigés l'an passé par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Jugés indispensables à la prolongation de la durée de vie du réacteur numéro un, ils coûteront au total quelque cent cinquante millions d'euros. Une somme colossale qui sera donc investie à pure perte...


La totalité des directeurs des centrales exploitées par l'électricien (à l'exception de celui de la structure alsacienne) en France, bien qu'ils n'aient pas franchement été pris de court, ont de leur côté fait part de leur « incompréhension » aux employés de Fessenheim dans une missive qu'a aussi paraphé André Palu, le directeur de l'EPR de Flamanville (Manche), ainsi que deux hauts dirigeants des activités nucléaires. « Un geste inédit », soulignent nos confrères du Figaro, mais qui n'inversera sans doute pas le court des événements.




Cette décision « crée une profonde incertitude sur le projet industriel d'EDF pour son parc nucléaire »



«Le caractère de l'annonce de la fermeture de Fessenheim en décembre 2016 suscite incompréhension et émotion au sein des équipes qui travaillent dans nos centrales. Nous, directeurs des centrales nucléaires françaises, nous ressentons que cette décision peut être vécue par tous comme une profonde injustice », ont écrit les signataires, ajoutant qu'elle « crée une profonde incertitude sur le projet industriel d'EDF pour son parc nucléaire » et appelant les acteurs concernés opposés au dessein présidentiel à demeurer mobilisés.


Une fois n'est pas coutume : patrons, syndicats et salariés partagent le même avis sur la question, déplorant de concert la fermeture d'une unité certes d'un âge avancé, mais qui selon leurs dires était encore apte à fonctionner pour de longues années. Une position compréhensible, mais dont il faut bien reconnaître qu'elle fait peu de cas du principe de précaution?


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  • janaliz le mardi 25 sept 2012 à 07:19

    Ouh la la, la fronde populaire est en marche. Et là il ne s'agit plus du vulgum pecus mais des gens dont c'est le boulot, certes, mais qui sont autrement plus qualifiés que nos misérables. Les questions posées par l'arrêt mettent en cause l'autonomie énergétique de notre pays. Mais probablement que c'est le cadet des soucis de flanby, aussi efficace sur ce dossier qu'il l'est sur la résorption des déficits publics.