Les différents scénarios pour le site de Florange

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PLUSIEURS SCÉNARIOS POSSIBLES POUR LE SITE DE FLORANGE
PLUSIEURS SCÉNARIOS POSSIBLES POUR LE SITE DE FLORANGE

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français et la direction d'ArcelorMittal ont théoriquement jusqu'à minuit ce vendredi pour trouver une solution pour sauver les hauts fourneaux du site sidérurgique mosellan de Florange.

En officialisant le 1er octobre l'arrêt de la phase à chaud, ArcelorMittal, avait fixé un délai de deux mois pour permettre au gouvernement de trouver un investisseur pour les hauts fourneaux jugés non rentable.

Faute de repreneur pour l'amont, le gouvernement a émis l'hypothèse de nationaliser l'intégralité du site, donc également la rentable et stratégique "phase à froid" dont ArcelorMittal n'entend pas être dépossédé.

Voici les différents scénarios possibles pour ce dossier devenu un test majeur pour la crédibilité de la politique économique du président François Hollande.

POURSUITE DES NÉGOCIATIONS

C'est une hypothèse redoutée par les ouvriers de Florange, qui plaident pour une nationalisation rapide et se disent épuisés par leur combat pour pérenniser leur outil de travail.

Cette possibilité est cependant évoquée par des sources gouvernementales françaises, pour qui le 1er décembre n'est pas une date gravée dans le marbre. François Hollande évoquait lui même jeudi "quelques jours" pour parvenir à un accord.

RACHAT DES SEULS HAUTS FOURNEAUX

C'est le scenario auquel personne ne croit plus et que les syndicalistes jugeaient peu vraisemblable à l'annonce de la recherche d'un repreneur. C'est précisément parce que le gouvernement n'a trouvé aucun repreneur pour les seuls hauts-fourneaux qu'il a émis l'hypothèse de nationaliser l'intégralité du site. Sauf surprise majeur, ce scénario jugé économiquement non viable, est exclu.

COMPROMIS SUR L'EMPLOI ET L'ACTIVITÉ

Le gouvernement français a indiqué à plusieurs reprises être déterminé à défendre l'emploi et l'activité du site mais n'a jamais explicitement promis de sauver les hauts fourneaux de Florange. On peut donc penser que l'Etat pourrait se satisfaire de solutions visant à éviter tout licenciement sans pour autant maintenir les hauts fourneaux en activité.

Des pistes comme le développement d'Ulcos, la technologie de captage de C02, sur le site de Florange pourrait aussi permettre de maintenir de l'activité sur le site.

Vue comme un moyen de pression plutôt qu'une fin en soi, la menace d'une nationalisation serait l'un des atouts de l'Etat dans la négociation avec le PDG Lakshmi Mittal.

Un accord sur l'emploi permettrait au gouvernement de ne pas aller jusqu'à la nationalisation, une mesure forte en symbole et controversée. Il serait difficile cependant au gouvernement de prouver à l'opinion publique qu'un simple accord de préservation de l'emploi ne constitue pas une défaite déguisée.

NATIONALISATION TEMPORAIRE ET REVENTE À UN INDUSTRIEL

En annonçant avoir trouvé un industriel capable d'investir 400 millions d'euros sur le site, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a crédibilisé mercredi devant l'Assemblée nationale ce scénario qui a la faveur des syndicats.

Le gouvernement a légalement la possibilité de faire voter une loi pour nationaliser Florange contre indemnisation, puis de revendre le site à un autre groupe sidérurgique qui maintiendrait les hauts-fourneaux en activité.

Cette solution pose légalement peu de problème mis à part l'indemnisation d'ArcelorMittal, une source potentielle de contentieux. Le financement reste aussi à trouver mais le gouvernement a indiqué qu'il pourrait utiliser ses participations dans des entreprises cotées.

NATIONALISATION

C'est le scénario que le gouvernement souhaite éviter. Il répétant à l'envie qu'il n'est pas du ressort de l'Etat de gérer directement l'industrie sidérurgique.

Le gouvernement de François Hollande court cependant le risque de se retrouver avec le site de Florange sur les bras si d'aventure les repreneurs pressentis jetaient l'éponge à la dernière minute. L'Etat serait alors propriétaire du site et devrait sans doute faire appel à des structures publiques comme le Fonds stratégique d'investissement, la nouvelle Banque publique d'investissement ou encore la Caisse des dépôts.

NATIONALISATION D'ARCELORMITTAL FRANCE

C'est une option à laquelle presque aucun observateur ne donne du crédit tant elle rappellerait les grandes vagues de nationalisations du premier quinquennat du président socialiste François Mitterrand (1981-1988).

C'est pourtant une interprétation possible des propos du directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault rapporté par le leader syndical CFDT Edouard Martin.

"Il n'y aura pas qu'une réponse sur Florange mais une réponse globale sur le périmètre d'ArcelorMittal France", a déclaré jeudi à la presse le responsable syndical, rapportant les propos de Christophe Chantepy.

Selon Edouard Martin, le gouvernement français pourrait vouloir se prémunir contre des désengagements supplémentaires d'ArcelorMittal en France ou une guerre commerciale du groupe contre le site de Florange devenu indépendant.

Edité par Emmanuel Jarry

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  • farouxfr le vendredi 30 nov 2012 à 11:01

    A vos bourses citoyens !

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