Les deux hommes tués dimanche en Corse auraient été "exécutés"

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AJACCIO (Reuters) - L'ancien dirigeant nationaliste corse Joseph Sisti et son beau-frère Jean-Louis Chiodi, tués dimanche matin près d'Aléria, en Haute-Corse, ont été abattus de sang froid, a-t-on appris lundi de sources proches de l'enquête.

Ancien secrétaire général dans les années 90 de l'ex-Accolta Naziunale Corsa (Alliance nationaliste corse, ANC), "Jo" Sisti, âgé de 59 ans, était un militant de la formation autonomiste modérée Femu A Corsica ("Faisons la Corse").

Le parquet de Bastia a confirmé que plusieurs armes avaient été utilisées lors de l'attaque, corroborant la présence de plusieurs tireurs sur la scène de crime, une bergerie, où se rendait Joseph Sisti pour nourrir ses bêtes.

Selon une source proche de l'enquête, ce dernier remontait une piste en terre dans son 4x4 Toyota "dans la matinée ou en fin de matinée" en compagnie de son beau-frère, âgé de 51 ans, lorsqu'ils sont tombés dans un guet-apens en entrant dans la propriété.

"Jean-Louis Chiodi est descendu du véhicule quand il a été mortellement blessé à la poitrine par une arme de chasse et achevé d'une balle dans la tête tandis que Joseph Sisti a été visé par plusieurs balles de gros calibre alors qu'il tentait d'échapper aux tueurs en sortant de la voiture qui a terminé sa course contre un rocher", a-t-on appris de source proche du dossier.

"Il a également été achevé à bout portant d'une balle dans la tête", a-t-on appris de même source. Plusieurs étuis de gros calibre, "principalement du 9 mm et du 11,43 mm" ont été retrouvés sur place.

Les deux corps ont été découverts par l'épouse de Joseph Sisti, qui inquiète de ne pas voir revenir son mari, s'était rendue sur place.

"C'est une enquête difficile où tout est ouvert en raison du contexte délicat de la plaine orientale où de nombreux faits de banditisme et une dizaine de meurtres ont été constatés depuis trois ans", a dit à Reuters le colonel Christian Rodriguez, commandant la région gendarmerie en Corse.

Les fils des deux victimes étaient connus des services de justice. Le 5 novembre 2011, à Migliacciaru, non loin de la scène de crime, ils avaient échangé des coups de feu avec le GIGN qui avait interpellé une partie d'un groupe de quatre hommes. Les deux fils ont également été mis en cause en janvier dans une dizaine d'attentats perpétrés en Haute-Corse.

"Il n'y a aucun lien entre les fils, qui nient les faits qui leur sont reprochés, et le double homicide des pères", a toutefois indiqué le procureur de la République de Bastia, Dominique Alzeari.

Roger Nicoli, édité par Marine Pennetier

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  • baljo le lundi 9 avr 2012 à 22:31

    mafieux and Co

  • NYORKER le lundi 9 avr 2012 à 21:30

    Les enquètes en Corse n'aboutissent jamais !! que les policiers ne se fatiguent pas et qu'ils restent à la caserne.ils gagneront du temps .

  • NYORKER le lundi 9 avr 2012 à 21:27

    Pas facile la vie de berger !