Les deux apprentis djihadistes de Toulouse mis en examen

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LES DEUX APPRENTIS DJIHADISTES TOULOUSAINS MIS EN EXAMEN
LES DEUX APPRENTIS DJIHADISTES TOULOUSAINS MIS EN EXAMEN

PARIS (Reuters) - Les deux adolescents toulousains récupérés en Turquie après avoir eu l'intention d'aller combattre en Syrie ont été mis en examen vendredi soir à Paris, a-t-on appris de source judiciaire.

Ces jeunes de 15 ans et 16 ans, présentés à un juge d'instruction antiterroriste, ont été laissés en liberté sous contrôle judiciaire.

L'information judiciaire a été ouverte du chef de participation à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Me Yassine Bouzrou, l'avocat de Yacine, 15 ans, a contesté la mise en examen de son client sur la base de cette qualification.

"L'infraction n'est pas constituée", a-t-il dit à Reuters en estimant que se rendre en Syrie n'était pas interdit. "S'il n'y a pas de mise en examen, le dossier tombe."

Selon lui, son client "a du mal à comprendre la tournure que prennent les choses" et le père de famille "est dans la plus totale incompréhension. Il a vraiment collaboré avec la DCRI et il a l'impression que la situation se retourne contre lui."

Les deux adolescents, placés en garde à vue à Toulouse mercredi, avaient été transférés jeudi dans les locaux de la Direction générale de la sécurité extérieure (DCRI), près de Paris, pour y être interrogés.

Les enquêteurs se sont efforcés d'en savoir plus sur leurs motivations et les appuis éventuels dont ils auraient bénéficié pour financer leur voyage.

MANUEL VALLS ANNONCE DES MESURES

Les policiers tentent de comprendre comment les lycéens en sont venus à vouloir se porter "candidats au djihad" et d'identifier une éventuelle filière.

Trois jeunes autres Français, âgés de 25 à 30 ans au moment des faits, en 2012, et soupçonnés d'avoir projeté de combattre en Syrie ont comparu jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris, niant tout projet de djihad.

Manuel Valls a annoncé jeudi qu'il présenterait des mesures, notamment la mise en place d'un service d'alerte pour les familles, afin de faire face au phénomène des départs de jeunes Français vers la Syrie pour y combattre Bachar al Assad.

Le ministre de l'Intérieur a précisé devant les députés français qu'il préparait avec les services de renseignement "un certain nombre de propositions" qu'il présenterait prochainement au président de la République.

"Il faut qu'il y ait une prise de conscience des familles, un éveil de ces familles, face à des phénomènes qu'on peut détecter", a-t-il dit.

Manuel Valls a rappelé que 2.000 à 3.000 Européens étaient concernés par ces filières et "autour de 600 à 700 Français ou résidents en France, dont 250 sont aujourd'hui sans doute en Syrie et 21 sont déjà morts sur place."

Gérard Bon, avec Guillaume Serries à Toulouse, édité par Sophie Louet

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