Les détails du plan grec vont être renégociés

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Les détails du plan grec vont être renégociés
Les détails du plan grec vont être renégociés

par Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - Les créanciers internationaux vont renégocier avec Athènes les détails du deuxième plan de sauvetage accordé à la Grèce, sans en modifier la substance, car les modalités d'application de ce plan sont aujourd'hui dépassées, a affirmé mardi un responsable de l'Eurogroupe.

L'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont débloqué en février un deuxième plan de renflouement de 130 milliards d'euros mais les élections législatives des mois de mai et juin ont retardé la mise en oeuvre des conditions attachées à ce plan.

Les Etats-Unis, premiers contributeurs du FMI, se sont dits favorables à une révision du plan d'aide, mais la chancelière allemande Angela Merkel s'oppose à tout allégement des mesures d'austérité exigées d'Athènes.

"Quiconque dirait qu'on n'a pas besoin ou qu'on ne peut pas renégocier le protocole d'accord se berce d'illusions parce qu'il, ou elle, partirait du principe que le plan, le processus dans son ensemble, est resté sur les rails depuis les semaines qui ont précédé les premières élections", a dit le responsable européen sous le sceau de l'anonymat.

"Parce que la situation économique a évolué, l'état des rentrées budgétaires a changé, le rythme de mise en oeuvre des objectifs a changé, le rythme des privatisations a changé - si nous ne révisons pas le protocole d'accord, ça ne marchera pas", a-t-il fait valoir.

"Il faut donc s'asseoir avec nos collègues grecs et leur dire: voilà où nous aurions dû être en juillet et voilà où nous en sommes, et il y a un écart entre les deux. Prenons la mesure de cet écart et voyons comment nous en arranger - cela s'appelle un nouveau protocole d'accord."

La Commission européenne (CE) a indiqué mardi vouloir collaborer avec Athènes pour mettre en oeuvre les réformes et revitaliser l'économie grecque, mais elle a démenti être prête à renégocier le protocole d'accord.

"Nous venons de définir un deuxième programme, donc personne n'évoque un nouveau protocole d'accord", a assuré Amadeu Altafaj, porte-parole de la Commission, lors d'un point de presse.

PAS DE CHANGEMENT D'OBJECTIFS

Selon le responsable de l'Eurogroupe, des émissaires de la troïka - CE, FMI et Banque centrale européenne (BCE) - se rendront en Grèce dès que le nouveau gouvernement aura été formé pour examiner l'application du plan de sauvetage et préparer les négociations.

"Ce n'est pas un secret, c'est même plutôt logique que compte tenu du temps qui s'est écoulé sans gouvernement en mesure de prendre des décisions, il y ait eu des retards importants", a-t-il expliqué.

"La conclusion, c'est qu'il faut entamer des discussions sur le protocole d'accord et revenir à une situation d'équilibre."

D'après ce responsable, les membres de la troïka feront leur rapport aux ministres des Finances de la zone euro, qui décideront à ce moment-là de la direction à adopter et confieront aux représentants de la troïka le soin de négocier directement avec Athènes.

"Quand nous aurons trouvé un terrain d'entente satisfaisant, nous signerons un nouveau protocole d'accord qui comprendra, comme il se doit, les objectifs à remplir et les remboursements à effectuer."

La révision des modalités du plan d'aide ne remettra pas en cause ses principaux objectifs, la viabilité de la dette et les réformes structurelles, a ajouté le responsable, reconnaissant que ces changements font l'objet d'opinions divergentes au sein de la zone euro et en Grèce.

Il a également mis en garde contre la tentation de chiffres trop précis.

"L'un des points les plus importants est de parvenir à ce que la dette soit viable de manière durable. Certains semblent croire au chiffre magique de 120% du PIB (mais) quiconque pourrait prédire le ratio dette/PIB d'un pays à l'échéance de 2020 dans un environnement économique aussi changeant est probablement plus intelligent que nous tous réunis", a-t-il insisté.

"Tout le monde au sein de l'Eurogroupe est d'accord pour dire que la viabilité de la dette à 4-8 ans ne peut pas être remise en question. C'est l'un des deux grands objectifs. L'autre, ce sont les réformes structurelles menées par les autorités grecques, condition indispensable pour ramener la Grèce sur la voie de la croissance."

Jean-Philippe Lefief et Tangi Salaün pour le service français

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