Les destructions de mausolées se poursuivent à Tombouctou

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Les destructions de mausolées se poursuivent à Tombouctou
Les destructions de mausolées se poursuivent à Tombouctou

BAMAKO (Reuters) - Des éléments d'Ansar Dine, mouvement islamiste lié à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), ont continué dimanche leur entreprise de destruction des mausolées de Tombouctou, "la Cité des 333 saints" du nord du Mali qui vient d'être classée au Patrimoine mondial en péril de l'Unesco, rapportent des témoins.

Armés de Kalachnikov et de pioches, une trentaine d'activistes ont détruit dimanche trois tombeaux de saints, a confié à Reuters un journaliste local, Yaya Tandina.

"L'entrée (des mausolées) est gardée par des hommes en armes. Tout comme hier, la population n'a pas réagi. Les gens disent qu'il faut les laisser faire en espérant pouvoir un jour reconstruire les tombeaux", a-t-il dit.

Un Tombouctien, Hamed Mohamed, a déclaré de son côté que les radicaux islamistes, qui avaient auparavant menacé de s'attaquer aux seize principaux mausolées de la cité saharienne, ont détruit ceux de Sidi Elmety, de Mahamane Elmety et du cheikh Sidi Amar, tous situés à l'ouest de la ville.

Le ministre malien de la Défense, le colonel Yamoussa Camara, a condamné les attaques et a exhorté l'adoption de mesures d'urgence pour le nord du Mali, qui échappe totalement au contrôle du gouvernement de Bamako.

"Ce qui se passe à Tombouctou est vraiment scandaleux. On ne peut pas souhaiter être aux côtés du peuple et dans le même temps prendre des mesures qui blessent sa sensibilité", a-t-il dit à Niamey, à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre du Niger.

Ansar Dine, qui veut instaurer la "charia" (loi coranique) au Mali, estime que les mausolées érigés par les musulmans d'obédience soufie relèvent d'une idolâtrie bannie par l'islam.

"La construction de mausolées funéraires est contraire à l'islam et nous les détruisons parce que la religion nous l'ordonne", a expliqué Oumar ould Hamaha, porte-parole d'Ansar Dine, contacté par téléphone par Reuters dimanche.

Samedi, la directrice générale de l'Unesco, la Bulgare Irina Bokova, avait lancé un appel pour que cessent immédiatement ces actions en évoquant des informations "extrêmement angoissantes" en provenance de Tombouctou.

Dénonçant des actes "intolérables", la France a également condamné "la violation systématique de ces lieux de recueillement et de prières, qui représentaient depuis des siècles une partie de l'âme de cette prestigieuse cité sahélienne".

Haut lieu du commerce africain, où affluaient les caravanes de sel venues du Nord et les esclaves ou l'or du Sud, Tombouctou, située en bordure du désert à un millier de kilomètres au nord-est de Bamako, a connu son apogée au XVIe siècle. La ville est alors devenue un grand centre intellectuel de l'islam rayonnant dans toute l'Afrique.

Inscrite au Patrimoine mondial par l'Unesco depuis 1988, la ville est classée depuis jeudi dernier patrimoine mondial en péril.

Tiémoko Diallo et Adama Diarra; Jean-Loup Fiévet et Marine Pennetier pour le service français

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  • nayara10 le dimanche 1 juil 2012 à 20:57

    Beaucoup d'Églises prennent feu en FRANCE .Ou y trouve toujours des problèmes techniques.Elles ont tenu pendant des sciècles et puis depuis dix ans elle flambent ...

  • LeRaleur le dimanche 1 juil 2012 à 20:23

    Dans 30-40 ans en France ce seront les églises.