Les dérives des agences immobilières pointées du doigt

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L'association de consommateurs UFC Que Choisir dénonce des pratiques abusives, lésant les locataires. Les agences comme le gouvernement ont annoncé des mesures en préparation.

Les agences immobilières à nouveau sous le feu des critiques. L'association de consommateurs UFC - Que choisir a publié ce mardi un communiqué au vitriol, dénonçant les «pratiques bien peu louables» des agences. Au terme d'une enquête menée auprès de plus de mille antennes, l'association pointe des abus «à tous les étages», dont les locataires sont les premières victimes.

Trois types de dérives sont mis en évidence par l'association. Les agences immobilières ne respecteraient d'abord pas leurs obligations d'information des locataires, en toute illégalité. Pour exemple, 21% des agences testées n'affichent pas leurs honoraires en vitrine, «contrairement à une obligation légale vieille de 20 ans». De même que près d'un tiers ne respectent toujours pas l'obligation de renseigner le locataire sur la consommation énergétique de son futur logement, alors même que les prix de l'énergie ne cessent de grimper.

Prix «prohibitifs»

Notamment en raison des tensions existantes sur le marché de la location, les agences immobilières se permettent aussi d'exiger des aspirants locataires toujours plus de garanties. 62% d'entre elles réclament des documents interdits pour la constitution d'un dossier, l'attestation de l'employeur étant la plus fréquemment exigée (par 46% des agences). «Il ne s'agit pas d'un excès de zèle, se défend la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim). Il s'agit seulement de garantir les bailleurs».

C'est en vertu de cette exigence que nombre d'agences demandent par exemple une photographie d'identité, un relevé d'identité bancaire, un chèque de réservation de logement ou encore une carte d'assuré social... Dans près de 30% des cas, un garant est exigé alors que le candidat à la location gagne trois fois le montant du loyer. «Cette exigence supplémentaire souligne clairement le fait que les agences sont avant tout au service du bailleur», interprète l'UFC - Que choisir.

Dernier point noir souligné par l'association : la profession continue à facturer un «service plus que limité» à des prix quant à eux «prohibitifs». En moyenne, les honoraires représentent ainsi 93% du loyer mensuel. L'UFC - Que choisir dénonce à ce titre la «double peine» que constitue l'indexation des honoraires sur le montant du loyer : plus les prix grimpent, plus les honoraires des agences s'accroissent. Seulement 6% des agences pratiquent une rémunération fixe, à la prestation.

De nouvelles mesures en faveur des consommateurs

Autant d'abus déjà maintes fois soulignés par les associations de consommateurs, et qui contribuent à entraver l'accès au logement. En mars dernier, c'était cette fois la CLCV qui dénonçait les facturations excessives qui pèsent sur le budget des locataires : frais d'état des lieux (jusqu'à 100 euros), frais de relance en cas de retard (20 euros en moyenne), frais pour réévaluation des charges locatives annuelles (34 euros)... Autant de pratiques illégales qui continuent de proliférer, malgré le durcissement de la loi.

Si la profession se défend vigoureusement d'abus, la Fnaim a toutefois fait savoir qu'elle présentera au mois de septembre de nouvelles mesures «en faveur d'une organisation d'ensemble de la profession, fidèle au respect des intérêts des consommateurs».

Le secrétaire d'Etat au Logement, Benoît Apparu, devrait leur emboîter le pas. «Il faut se garder de jeter l'opprobre sur toute une profession qui, consciente de certaines dérives, a organisé une réflexion pour lutter contre», a-t-il estimé mardi, avant d'annoncer que de nouvelles mesures gouvernementales contre ces abus qualifiés d'«insupportables». Actuellement «en préparation», ces mesures auront pour objectif de «protéger les consommateurs et soutenir ceux des professionnels qui s'engagent sur la qualité du service rendu». Pour ces enseignes traditionnelles fortement concurrencées par des agences low cost en plein essor, cette stratégie pourrait en effet s'avérer gagnante.

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  • h.de-lon le mercredi 24 aout 2011 à 10:45

    Photocopie de l'avis d'imposition souvent demandée.?????