Les députés UMP fustigent le rapport Cahuzac

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L'UMP REJETTE "EN BLOC" LE RAPPORT CAHUZAC
L'UMP REJETTE "EN BLOC" LE RAPPORT CAHUZAC

PARIS (Reuters) - L'UMP a rejeté mardi "en bloc" le rapport de la commission d'enquête sur le traitement par le gouvernement français de l'affaire du compte suisse de Jérôme Cahuzac et accusé la majorité de gauche de vouloir protéger l'exécutif.

La commission d'enquête de l'Assemblée doit adopter ce mardi après-midi son rapport, qui exonère le gouvernement de toute tentative de dissimulation ou manipulation dans ce dossier.

"Il n'est pas question de cautionner cette mascarade", a déclaré lors d'une conférence de presse Christian Jacob, le président du groupe UMP de l'Assemblée nationale, dont les troupes boycotteront le vote de la commission.

La commission avait été mise en place à la demande du groupe UDI (centriste) après que Jérôme Cahuzac eut démissionné le 19 mars dernier de ses fonctions de ministre du Budget et avoué ensuite posséder un compte bancaire occulte en Suisse.

Présidée par le centriste UDI Charles de Courson, elle avait pour objet de savoir ce que François Hollande et son gouvernement savaient et si leur demande d'entraide fiscale adressée à la Suisse était formulée de manière restrictive pour obtenir une réponse favorable à Jérôme Cahuzac.

Christian Jacob et les membres UMP de la commission annoncent qu'ils "rejettent en bloc un rapport dont le seul but est de protéger François Hollande et Jean-Marc Ayrault".

Ils "dénoncent avec force" le rapport proposé par le rapporteur socialiste Alain Claeys car ce dernier, estiment-ils dans un communiqué, "ne pose pas les bonnes questions et ne peut donc apporter les bonnes réponses".

L'UMP affirme que la ligne de défense du gouvernement selon laquelle les ministres, le Premier ministre et François Hollande n'évoquaient jamais l'affaire entre eux "a volé en éclat après les révélations sur la réunion de l'Elysée du 16 janvier".

"Il est apparu alors que la 'muraille de Chine' n'était plus qu'une fable et que Jérôme Cahuzac et plusieurs membres du gouvernement avaient omis délibérément de faire mention des échanges et rencontres qui ont eu lieu dès le mois de décembre", lorsque le site Mediapart à révélé l'affaire, ajoutent-ils.

Le refus par la majorité socialiste de la commission Cahuzac d'entendre le Premier ministre à qui, pourtant, "des questions essentielles devaient être posées", est jugé révélateur.

"Parce qu'elle s'approchait trop près de la vérité, parce que son travail allait déboucher sur une mise en cause de l'exécutif, la commission n'a pas pu aller au bout de ses investigations", soulignent-ils.

"Si on avait fait confiance à François Hollande et à Jean-Marc Ayrault, Jérôme Cahuzac serait toujours ministre du budget", estiment les députés UMP, qui parlent de "fiasco moral et politique" en contradiction totale avec la transparence voulue officiellement par le gouvernement.

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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