Les députés ukrainiens approuvent la nomination de Groisman

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 (Précisions, contexte) 
    KIEV, 14 avril (Reuters) - Le parlement ukrainien a approuvé 
jeudi la nomination à la tête du gouvernement de Volodimir 
Groisman, un proche du président Petro Porochenko, ouvrant la 
voie au plus vaste remaniement depuis la révolution du Maïdan, 
en 2014.  
    "Je mesure les menaces qui pèsent sur nous. J'aimerais en 
souligner trois : la corruption, l'inefficacité du travail 
gouvernemental et le populisme, qui ne sont pas moins menaçants 
que nos ennemis de l'Est", a-t-il déclaré avant le vote, 
évoquant les séparatistes prorusses.  
    "Je vais vous montrer ce que diriger un pays veut dire", a  
ajouté le futur chef du gouvernement, âgé de 38 ans. 
    Deux cent cinquante-sept députés se sont prononcés en sa 
faveur, soit 31 de plus que le minimum requis. Son prédécesseur 
Arseni Iatseniouk a démissionné dimanche après plusieurs mois de 
crise politique.  
    La nomination de Groisman devrait déboucher sur la formation 
d'un gouvernement dont ne feraient pas partie plusieurs 
personnalités réputées pro-occidentales, comme la ministre 
sortante des Finances, Natalia Iaresko. 
    Oleksandr Daniliouk, 40 ans, devrait prendre le portefeuille 
des Finances, et Stepan Koubiv, actuel représentant du chef de 
l'Etat au parlement, ceux de l'Economie et de premier 
vice-Premier ministre. 
    L'opposante Ioulia Timochenko a dénoncé dans ce nouveau 
gouvernement un renforcement de l'oligarchie, avec la 
concentration du pouvoir entre les mains du président Porochenko 
et de ses proches. 
    La coalition gouvernementale qui rassemble le Bloc Petro 
Porochenko (BPP) et le Front populaire d'Arseni Iatseniouk aura 
besoin du soutien d'élus indépendants au parlement, ce qui 
laisse planer un doute sur sa durée de vie. 
    "Cela va tenir quelques mois et puis le président sera 
obligé de dissoudre le parlement", a estimé le député 
d'opposition Serhiy Liovotchkine. 
    Arseni Iatseniouk avait survécu à une motion de censure en 
février mais les tensions politiques et des scandales de 
corruption avaient fragilisé la coalition qu'il dirigeait, 
retardant le versement des aides prévues par le programme de 
soutien du Fonds monétaire international (FMI), d'un montant 
total de 17,5 milliards de dollars (15,4 milliards d'euros). 
    Son départ n'élimine pas tous les obstacles à l'adoption des 
réformes bloquées au parlement car plusieurs partis populistes 
ayant quitté la coalition affichent leur volonté de s'opposer 
aux mesures d'austérité qu'impose le programme du FMI. 
 
 (Natalia Zinets et Pavel Polityuk; Jean-Philippe Lefief et Guy 
Kerivel pour le service français) 
 
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