Les députés examinent la loi d'avenir pour l'agriculture

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LES DÉPUTÉS EXAMINENT LA LOI D'AVENIR POUR L'AGRICULTURE
LES DÉPUTÉS EXAMINENT LA LOI D'AVENIR POUR L'AGRICULTURE

PARIS (Reuters) - Les députés français ont engagé mardi l'examen du projet de loi sur l'avenir de l'agriculture, qui vise à renforcer la compétitivité des filières tout en préservant l'environnement.

Ce texte, qui fera l'objet d'un vote le 14 janvier, suscite les critiques de l'opposition et de la FNSEA, principal syndicat agricole, mais le PS le soutient et le Front de gauche a annoncé qu'il le voterait vraisemblablement. Le Sénat devrait l'examiner en février ou en avril, au lendemain des municipales.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, propose de renforcer la compétitivité de certaines filières, dont l'élevage, en renforçant les pouvoirs des producteurs face à la grande distribution.

Son texte prévoit ainsi la création d'un médiateur des relations commerciales agricoles et met en place des programmes stratégiques par filières.

Le projet de loi propose également de mieux respecter l'environnement en encadrant davantage l'usage d'antibiotiques dans les élevages et des pesticides dans les cultures.

Il prévoit de majorer les aides aux agriculteurs changeant leur modèle de production et qui se regrouperont dans des Groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE).

Dans le domaine de l'alimentation, les contrôles sanitaires seraient renforcés avec la publication des résultats afin d'éviter des scandales comme celui de la viande de cheval étiquetée comme du boeuf dans des plats surgelés.

Plusieurs dizaines d'amendements ont été adoptés par la commission des Affaires économiques, comme ceux qui renforcent la protection des appellations d'origine protégée (AOP) ou des indications géographiques protégées (IGP).

L'OPPOSITION CIRCONSPECTE

Parmi les autres amendements adoptés en commission, figure celui du groupe PS qui porte de trois à cinq ans la durée maximale pour un contrat d'installation progressive afin de faciliter celle des jeunes agriculteurs ou éleveurs.

Brigitte Allain, chef de file du groupe écologiste sur ce projet de loi, estime qu'il y a "encore trop peu d'objectifs chiffrés et d'outils opérationnels pour mener une politique à la hauteur des enjeux" et a déposé de nombreux amendements afin de mettre en place "une réforme courageuse".

L'opposition est quant à elle circonspecte.

"Nous hésitons entre le vote contre et l'abstention", a dit le centriste Jean-Christophe Lagarde, qui juge que la réforme proposée "manque d'ambition".

Christian Jacob, le président du groupe UMP, lui-même agriculteur et ancien président du Centre national des jeunes agriculteurs (CNJA), dénonce "un renoncement complet à la vocation économique de notre agriculture".

La FNSEA, qui estime que ce texte "n'apportera pas de réponses concrètes sur les sujets d'urgence", a annoncé mardi la tenue d'états généraux de l'agriculture avant le Salon de l'agriculture prévu à Paris du 22 février au 3 mars.

Quant à la Confédération paysanne, elle avait appelé à une manifestation mardi aux abords de l'Assemblée, afin de "peser" sur cette loi d'avenir pour l'agriculture et dénoncer "l'industrialisation croissante des élevages en France" comme le projet d'installer une ferme de 1.000 vaches dans la Somme.

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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