Les députés brésiliens commencent à débattre sur la destitution

le
0
 (Actualisé avec l'ouverture des débats au Congrès) 
    BRASILIA, 15 avril (Reuters) - Le ministre brésilien de la 
Justice a adressé vendredi une mise en garde au Congrès en 
estimant qu'un vote en faveur de la destitution de la présidente 
Dilma Rousseff marquerait une rupture sans précédent dans 
l'histoire de la démocratie brésilienne.  
    José Eduardo Cardozo s'adressait aux parlementaires à 
l'ouverture mouvementée du débat de trois jours qui précédera le 
vote, dimanche, de la Chambre des députés et que beaucoup 
prédisent défavorable à Dilma Rousseff.  
    Des élus ont crié "Dilma dehors" au début de la discussion.  
    Le gouvernement a tenté en vain jeudi de saisir la Cour 
suprême pour bloquer le processus. La chef de l'Etat est accusée 
d'avoir manipulé les comptes publics en 2014 pour assurer sa 
réélection. Elle rejette ces accusations et dénonce un "coup 
d'Etat".  
    Lâchée ces dernières semaines par plusieurs partis alliés, 
Dilma Rousseff semble condamnée à perdre. L'opposition doit 
rassembler dimanche les deux tiers des voix des 513 députés de 
la chambre basse du Congrès.  
    Si elle y parvient, le dossier sera transmis au Sénat, qui 
devra à son tour se prononcer pour ou contre la poursuite de la 
procédure. Le vote devrait avoir lieu le 11 mai. En cas de feu 
vert à la poursuite du processus, Dilma Rousseff serait 
automatiquement remplacée par le vice-président Michel Temer.  
    Devant les députés, le ministre de la Justice a qualifié la 
procédure de destitution d'"acte violent sans précédent contre 
la démocratie". 
    "L'histoire ne pardonnera jamais à ceux qui ont rompu avec 
la démocratie", a ajouté José Eduardo Cardozo, sous les cris 
d'autres députés scandant: "Il n'y aura pas de coup d'Etat".  
    Partisan de la destitution, l'ancien ministre de la Justice 
Miguel Reale Jr a ouvert le débat en déclarant que la procédure 
reflétait la volonté du peuple brésilien. Selon les sondages, 
environ deux tiers des Brésiliens y sont favorables. 
 
 (Anthony Boadle et Lisandra Paraguassu; Danielle Rouquié et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant