Les députés au Bataclan pour étudier la gestion de l'assaut

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DÉPLACEMENT DE DÉPUTÉS AU BATACLAN
DÉPLACEMENT DE DÉPUTÉS AU BATACLAN

par Gérard Bon

PARIS (Reuters) - Un déplacement de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats du 13 novembre dans la salle de concert du Bataclan a permis jeudi de dissiper certains doutes sur l'intervention des forces de l'ordre, ont rapporté des élus.

Les parlementaires présidés par le député Les Républicains (LR) Georges Fenech voulaient en particulier comprendre pourquoi l'assaut n'avait été donné que deux heures et demie après le début de l'attaque de la salle parisienne par des djihadistes.

Le groupe Eagles of Death Metal se produisait au Bataclan lorsque trois hommes y ont pénétré et ont ouvert le feu, tuant 90 personnes. Au total, 130 personnes ont trouvé la mort à Paris ou Saint-Denis lors d'attentats coordonnés.

Des parlementaires avouaient se poser des questions sur le délai d'intervention des policiers, qui avaient donné l'impression d'avoir laissé se poursuivre un massacre méthodique en sachant qu'il ne s'agissait pas d'une prise d'otages.

Ils ont toutefois confié à l'issue de l'audition des responsables des unités d'élite avoir appris que l'essentiel des victimes avaient été tuées avant l'arrivée des policiers.

La situation a basculé quand un commissaire de la brigade anticriminalité (BAC), premier policier à pénétrer dans la salle, a tué l'un des assaillants, a expliqué aux journalistes le député centriste Meyer Habib.

"A partir du moment où il y a un officier de police qui a tué un des trois terroristes, ça a changé la façon d'agir des deux autres qui ont arrêté de tuer", a-t-il dit.

"Globalement, mon sentiment, c'est que nos services ont fonctionné comme il fallait", a-t-il ajouté.

LA COMMISSION SE DÉFEND D'EMPIÉTER SUR LA JUSTICE

Le député LR Alain Marsaud a également estimé que l'opération était "réussie", compte tenu des difficultés pour progresser dans une salle où 200 personnes, morts et blessés, gisent à terre.

"Quand je sors de cette salle, je me dis que nous avons des héros au sein des forces de police", a-t-il dit.

Entendu le 7 mars par la commission, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait réfuté tout attentisme de la part des autorités. "On n'intervient pas comme ça dans une salle pour procéder à la neutralisation des terroristes", avait-il dit, expliquant qu'il avait fallu vérifier si la salle n'était pas piégée "dans un contexte où il y a des ceintures explosives".

Des victimes des attentats du 13 novembre entendues en février par les parlementaires avaient évoqué des dysfonctionnements des dispositifs d'aide et d'information après les attaques djihadistes.

Des familles croyant à tort qu'il s'agissait d'une reconstitution ont critiqué jeudi la venue des parlementaires au Bataclan, déplorant une "parodie de justice" sans avocats ou parties civiles.

"Notre but est de faire toute la lumière. C'est bien pour les victimes que nous travaillons", a répondu Georges Fenech.

"Nous n'empiétons pas sur le travail judiciaire. Nous sommes là pour apporter des solutions, des propositions, pour éviter que ça se reproduise", a renchéri Alain Marsaud.

La commission d'enquête parlementaire relative aux "moyens mis en oeuvre par l'État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015", qui compte 30 députés de tous bords, a été lancée fin janvier. Elle délivrera son rapport le 14 juillet, a indiqué son rapporteur, le député PS Sébastien Pietrasanta.

(Edité par Yves Clarisse)

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