Les démocrates réclament le départ de Jeff Sessions

le , mis à jour à 17:50
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    * L'Attorney General a passé sous silence des contacts avec 
l'ambassadeur de Russie à Washington 
    * Pour l'opposition démocrate, Sessions a menti sous serment 
    * Des républicains lui conseillent de ne pas participer aux 
enquêtes fédérales sur une possible ingérence russe 
 
 (Actualisé avec républicains, édité) 
    par Doina Chiacu 
    WASHINGTON, 2 mars (Reuters) - Les démocrates américains ont 
réclamé la démission du ministre de la Justice Jeff Sessions 
après des révélations du Washington Post sur ses conversations 
avec l'ambassadeur de Russie à Washington qu'il aurait passées 
sous silence lors de son audition au Sénat. 
    Dans les rangs républicains, plusieurs élus influents ont 
recommandé à l'"Attorney General" de se récuser des 
investigations en cours sur une possible intervention russe dans 
la campagne électorale. 
    Le Washington Post a rapporté mercredi que Jeff Sessions 
s'était entretenu à deux reprises avec l'ambassadeur de Russie à 
Washington pendant la campagne présidentielle, alors qu'il était 
encore sénateur. 
    Selon le quotidien, Jeff Sessions et Sergueï Kislyak se sont 
notamment parlé en privé le 8 septembre, dans le bureau du 
sénateur, alors que la campagne présumée de cyberattaques russes 
dénoncée par les services de renseignement américains battait 
son plein. 
    Les entretiens ont été confirmés par le département de la 
Justice. 
    Or, lors de son audition de confirmation en janvier devant 
le Sénat, l'homme choisi par Donald Trump pour diriger le 
département de la Justice, en réponse à une question de l'élu 
démocrate Al Franken, a déclaré sous serment qu'il n'avait "pas 
eu de communications avec les Russes" durant la campagne. 
    Pour la chef de la minorité démocrate à la Chambre, Nancy 
Pelosi, l'Attorney General doit quitter l'administration Trump. 
"Il a menti sous serment, rien d'autre n'est acceptable que sa 
démission ou son limogeage", a-t-elle notamment dit sur Twitter. 
    Chuck Schumer, son homologue au Sénat, a exprimé une 
position identique : "Parce que le département de la Justice se 
doit d'être au-dessus de tout reproche, pour le bien de notre 
pays, l'Attorney General Sessions devrait démissionner", a-t-il 
dit lors d'une conférence de presse. 
    L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU, 
association de défense des droits) a réclamé pour sa part 
l'ouverture d'une enquête sur le parjure présumé du ministre. 
     
    LE PRÉCÉDENT FLYNN 
    L'affaire Sessions survient deux semaines à peine après la 
démission de l'éphémère conseiller à la sécurité nationale de 
Trump.  
    Michael Flynn avait été contraint à la démission trois 
semaines après son entrée en fonction pour s'être lui aussi 
entretenu avec l'ambassadeur Kislyak et avoir caché au 
vice-président Mike Pence une partie des sujets abordés. 
  
    Dans un communiqué publié mercredi soir, Jeff Sessions a 
démenti avoir discuté de questions de campagne avec des 
responsables russes, une ligne qu'il a réitérée jeudi sur 
l'antenne de la chaîne NBC News: "Je n'ai rencontré aucun Russe 
à aucun moment pour discuter de la campagne", a-t-il dit. 
    Mais ce fidèle de Trump - il fut le premier sénateur à 
rallier sa candidature lors des primaires républicaines, et ce 
dès février 2016 - a ajouté: "Si cela s'impose un jour, je 
démissionnerai. Cela ne fait guère de doute." 
    En tant qu'Attorney General, Jeff Sessions supervise le 
département de la Justice et le Federal Bureau of Investigation 
(FBI), à la pointe des enquêtes sur les cyberattaques russes 
présumées et d'éventuels liens entre le Kremlin et les équipes 
Trump. 
    Soucieux de contrôler les répercussions de l'affaire, 
plusieurs élus républicains au Congrès ont suggéré que Sessions 
se récuse de ces investigations pour ne laisser aucune place à 
un éventuel doute sur leur intégrité. 
    "Pour qu'une investigation progresse, je pense qu'il faut 
s'assurer que chacun a confiance dans l'enquête", a déclaré sur 
MSNBC le chef de file du groupe républicain à la Chambre des 
représentants, Kevin McCarthy. De ce point de vue-là, a-t-il 
ajouté en réponse à une question, les choses seraient "plus 
faciles, oui" si Sessions se récusait. Mais il a précisé plus 
tard sur Fox News que la décision appartenait à l'Attorney 
General. 
    Richard Burr, qui préside la commission du Renseignement au 
Sénat, a affiché pour sa part sa confiance dans la capacité de 
Sessions à décider du moment où il se récuserait dans cette 
enquête. 
     
    VOIR AUSSI 
    Le PORTRAIT de Jeff Sessions, ultraconservateur récompensé 
pour sa fidélité:   
 
 (avec Eric Beech, Richard Cowan et Julia Edwards Ainsely; Julie 
Carriat, Nicolas Delame, Danielle Rouquié et Henri-Pierre André 
pour le service français, édité par Tangi Salaün) 
 
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