Les défauts de paiement augmentent de nouveau à l'échelle mondiale

le , mis à jour à 16:21
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La chute progressive des prix des matières premières depuis deux ans provoque une augmentation du nombre d'entreprises en défaut de paiement, notamment aux Etats-Unis.
La chute progressive des prix des matières premières depuis deux ans provoque une augmentation du nombre d'entreprises en défaut de paiement, notamment aux Etats-Unis.

Provoqués par la chute des prix des matières premières depuis plus d’un an, les défauts de paiement d’entreprises, synonymes de redressements ou de faillites, augmentent depuis plusieurs mois, notamment aux Etats-Unis. L’Europe reste plutôt épargnée par ce phénomène.

La chute des prix des matières premières depuis plus d’un an a fragilisé les entreprises des secteurs liés à l’industrie lourde et aux métiers du pétrole. Les entreprises ne parvenant plus à faire face à leurs obligations financières augmentent ainsi depuis plusieurs mois.

Ces mauvais chiffres, que les investisseurs essaient constamment d’anticiper, avaient déjà été au cœur de la petite panique boursière de début d’année au cours de laquelle les taux d’emprunt des entreprises « high yield » (risquées) avaient bondi sur fond de craintes relatives à leur risque de défaut de paiement.

Les entreprises les plus fragiles rencontrent davantage de difficultés

Les Echos consacrent un article à ce sujet dans leur édition du mercredi 13 avril, en rappelant dans un premier temps que sur l’ensemble de l’année 2015, « selon une étude de Deutsche Bank, les sociétés affichant une note comprise entre B- et B+ ont vu leur taux de défaillance tripler, passant de 0,9% à 2,7% ».

Les notes B- et B+ font référence à l’échelle utilisée par les agences de notation financières et les banques vis-à-vis des entreprises dont elles suivent le risque de crédit. Les notes vont du célèbre « AAA » (très peu risqué) au « C » voire « D » (en défaut de paiement). Les entreprises notées entre B- et B+ sont considérées comme « très spéculatives » (« high yield »).

Surtout, plus récemment, l’agence Moody’s  a confirmé le constat de Deutsche Bank pour l’ensemble des emprunteurs de la catégorie « high yield », dont le taux de défaut aurait doublé au cours des 12 derniers mois, passant d’un niveau inférieur à 2% il y a un an à 3,8% début avril 2016, toujours selon des chiffres rapportés par Les Echos.

L’impact de la chute des prix des matières premières

Les raisons de cette dégradation sont toutes trouvées. « Pour la plupart, les sociétés en difficulté ont une activité liée au gaz, au pétrole, à l’industrie minière ou métallurgique » explique Les Echos.

Rien de surprenant à cela lorsque l’on sait que le pétrole a perdu plus de 60% de sa valeur en deux ans, creusant encore ses pertes en début d’année. Même chose pour le gaz naturel, dont les prix ont également chuté de plus de 50% en deux ans. L’acier avait quant à lui perdu plus de 40% de sa valeur entre avril 2014 et décembre 2015, avant de rebondir significativement fin mars-début avril 2016.

L’augmentation des défauts de paiements se concentre donc logiquement dans les pays producteurs de ces ressources. Les Etats-Unis sont à ce titre nettement plus concernés que la zone euro : « 80% des cas de défaut au premier trimestre [2016] concernent des entreprises américaines » souligne Les Echos, alors qu’en Europe, la tendance s’est même plutôt inversée dernièrement avec une diminution du taux de défaut des entreprises « spéculatives » au T1 2016 par rapport au T4 2015.

Il reste important de rappeler que la hausse du taux de défaut de paiement des entreprises américaines « risquées » fait suite à plusieurs années de forte modération de leurs difficultés financières. Le nombre de défauts avait nettement régressé en 2013 et était resté faible en 2014, au point que « malgré cette [récente] hausse, les niveaux globaux de défaillances restent encore en-dessous de leur moyenne de 4,2% sur les cinq dernières années », rappelle Les Echos.

Attention néanmoins : Moody’s et Deutsche Bank prévoient toutes deux que ce chiffre repasse au-dessus de sa moyenne à 5 ans d’ici la fin de l’année ou dans les années suivantes. Cette prudence pourrait néanmoins être remise en cause si le pétrole venait à poursuivre son rebond entamé depuis février 2016. Au cours des derniers jours, le pétrole a finalement confirmé son passage au-dessus des 40 dollars/baril après quelques doutes survenus la semaine dernière sur ce sujet.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • guerber3 il y a 8 mois

    A part cela, tout va bien, l' oligarchie des fossoyeurs de l' économie mondiale continue de se remplir les poches de fausse monnaie...qui sert à acquérir des biens tangibles...!

  • khmane08 il y a 8 mois

    l'herbe est toujours plus grasse chez nous