Les déchets en Europe pèsent sur Suez Environnement

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Les déchets en Europe pèsent sur Suez Environnement
Les déchets en Europe pèsent sur Suez Environnement

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Suez Environnement a publié vendredi un résultat brut d'exploitation (Ebitda) pénalisé au premier trimestre par la chute des volumes de déchets traités par ses usines en Europe et a indiqué qu'il devrait faire mieux que prévu en matière de réductions de coûts pour tenir ses engagements pour 2012.

Le numéro deux mondial des services à l'environnement s'est toutefois dit confiant dans sa capacité à atteindre ces objectifs, qui incluent des ventes et un Ebitda au moins identiques à ceux de 2011, à changes constants, ainsi qu'un dividende supérieur ou égal à celui de 0,65 euro par action pour 2011.

Il avait par ailleurs annoncé en février qu'il visait un Ebitda d'au moins 2,7 milliards d'euros en 2013 (à changes constants) et un ratio dette nette sur Ebitda maintenu à près de 3,0.

"Nous avons dit en début d'année que nous ferions 110 millions d'euros d'économies (en 2012). Evidemment, nous allons devoir faire légèrement mieux pour atteindre nos objectifs à la fin de l'année", a déclaré le directeur financier, Jean-Marc Boursier, lors d'une conférence téléphonique avec les analystes.

Le groupe avait déjà annoncé en février qu'il relevait de 300 à 360 millions d'euros son objectif de réduction de coûts pour la période 2010-2012, réalisé à hauteur de 250 millions à fin 2011.

Jean-Marc Boursier a également rappelé que Suez Environnement avait basé ses prévisions 2012 sur l'hypothèse d'une stabilité du PIB en Europe et des volumes de déchets traitées par le groupe dans cette zone.

"Les volumes de déchets sont revenus en ligne avec nos attentes depuis la mi-mars", a-t-il précisé.

Le directeur financier a en outre indiqué que le programme accru de cessions d'actifs de GDF Suez, actionnaire de Suez Environnement à hauteur de 36% environ, n'aurait pas d'impact pour le groupe.

Suez Environnement a enregistré au premier trimestre un Ebitda de 566 millions, en recul de 4,5% (-5,5% à changes constants, -3,4% en organique), et un chiffre d'affaires de 3.591 millions, en hausse de 2,2% (+0,9% à changes constants et +1,4% en organique).

Par activités, la croissance organique a atteint 1,2% dans les activités Déchets Europe, qui ont bénéficié d'un effet prix "globalement positif" mais ont aussi subi une baisse des volumes traités de 3,2%, tandis qu'elle s'est établi à 2,8% au premier trimestre dans le segment Eau Europe.

Les ventes du segment International progressent de 0,4% en organique, une hausse qui aurait atteint 2,3% en dehors de l'usine de dessalement de Melbourne, en Australie, dont le chantier a connu des difficultés en 2011 mais qui est aujourd'hui "en cours de finalisation".

L'action Suez Environnement progressait de 1,41% à 10,465 euros vers 10h, enregistrant une hausse de 17,6% depuis le début de l'année après un plongeon de 42% en 2011.

Olivier Bails, analyste chez CM-CIC Securities, a évoqué dans une note des chiffres légèrement supérieurs aux attentes du consensus en matière de ventes et en ligne en matière d'Ebitda.

Edité par Cyril Altmeyer

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  • xDamx le vendredi 20 avr 2012 à 10:18

    À l'heure où on parle de rationalisation dans la production de déchets et de transition écologique, il est évident que les volumes sont appelés à diminuer, même en cas de croissance économique. Que cela soit puisse expliquer une fois une diminution du CA, pourquoi pas, mais ces groupes sont supposés être pionniers en matière de tendance dans le traitement des déchets non ? Il faut donc aller chercher du CA ailleurs, par exemple valoriser ces déchets mais avec une réelle valeur ajoutée.

  • hriey le vendredi 20 avr 2012 à 08:44

    Peut-on gagner de l'argent avec des sociétés de service public en général et de distribution d'eau/traitement des déchets en particulier ? Veolia Environnement a déçu pendant des années; idem pour Pizzorno. Et maintenant, il y a Suez Environnement qui est pénalisé par le volume des déchets.