Les Dardenne prennent le tournant de la raideur

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Les Dardenne prennent le tournant de la raideur
Les Dardenne prennent le tournant de la raideur

Cri d’alarme contre l’indifférence, « La Fille inconnue », le nouveau film des frères Dardenne prend la forme d’un discours peuplé d’arguments rhétoriques plus que de personnages.

Un fidèle de Jean-Pierre et Luc Dardenne doué d’un peu de sens de l’orientation pourrait établir une carte d’état-major de Seraing-sur-Meuse (Belgique) – la rivière qui coule indifférente entre les friches industrielles, les vieux quartiers délabrés, les logements sociaux qui leur emboîtent le pas. A défaut, on reconnaît dès les premiers plans de chacun de leurs films ce paysage en apparence immuable qui, en fait, se transforme au gré des péripéties de la désindustrialisation.

Sur ce terreau familier qui a vu éclore La Promesse, Rosetta ou L’Enfant, La Fille inconnue s’étiole. Comme ses magnifiques prédécesseurs, le film prend à bras-le-corps les réalités du moment, et plus particulièrement l’une des plus cruelles : la disparition d’êtres humains, engloutis dans les mouvements de population.

Comme dans les deux précédents films des Dardenne, Le Gamin au vélo et Deux jours, une nuit, le premier rôle est confié à une actrice connue. Adèle Haenel succède à Cécile de France et à Marion Cotillard.

Rigueur qui confine à la raideur Mais cette fois, l’agencement de ces éléments, la ville agonisante qui grouille de vie, les tragédies qui enserrent ses habitants, la géométrie humaine qui se dessine autour d’une figure féminine centrale, ne produit pas plus que de l’intérêt.

La puissance d’émotion qui donnait à Jérémie Rénier, fils de petit trafiquant dans La Promesse, la stature d’un héros antique, ou la douceur intime qui unissait la coiffeuse et l’enfant abandonné dans Le Gamin a...

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