Les Danois interrogés sur leur relation avec l'UE

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    par Sabina Zawadzki 
    COPENHAGUE, 3 décembre (Reuters) - Les Danois sont invités 
jeudi à se prononcer sur l'adoption de règles européennes en 
matière de lutte contre la criminalité transfrontalière, dans le 
cadre d'un référendum qui porte plus largement sur le degré 
d'intégration au sein de l'Union.  
    Le scrutin sera observé attentivement par les Britanniques, 
qui seront, eux, interrogés sur leur maintien ou non dans l'UE 
d'ici 2017. 
    Après le rejet du traité de Maastricht, lors du référendum 
de 1992, le Danemark a obtenu certaines exemptions dans les 
domaines de la justice et des affaires intérieures, ce qui a 
permis la victoire du "oui" l'année suivante.  
    Il est toutefois membre d'Europol, l'agence européenne 
chargée de la lutte contre le crime organisé, mais le traité de 
Lisbonne, adopté en 2009 a changé la donne et, pour continuer à 
en faire partie, Copenhague doit renoncer à certaines de ses 
exemptions en reprenant à son compte 22 textes européens 
relatifs à la sécurité.   
    Dans le cadre du référendum de ce jeudi, les électeurs 
doivent autoriser ou non le Parlement à les adopter.  
    Le gouvernement du libéral de Lars Løkke Rasmussen, 
l'opposition sociale-démocrate et la plupart des partis 
appellent à voter "ja", mais les populistes du Dansk Folkeparti 
(Parti populaire danois, DF), partisans du "nej", plaident pour 
le maintien des exemptions obtenues de haute lutte en 1993 et 
s'opposent à tout transfert de souveraineté en matière de 
sécurité, plus encore depuis les attentats de Paris. 
     
    BESOIN D'AMIS PLUS GRANDS 
    Aucun des 22 textes ne concerne l'immigration, mais le DF 
estime que leur adoption pourrait ouvrir la voie à des réformes 
dans ce domaine sans en passer par de nouveaux référendums.  
    Les deux camps sont au coude-à-coude dans les intentions de 
vote et les indécis sont nombreux. Pour les observateurs, 
demander aux électeurs de s'en remettre au Parlement plutôt que 
de se prononcer eux-mêmes sur les 22 textes a semé la confusion. 
Les arguments du Parti populaire ont en outre élargi le débat, 
qui, bien au-delà du maintien au sein d'Europol, porte 
globalement sur la relation avec l'UE.  
    "Je pense qu'il est important de ne pas renoncer à notre 
souveraineté, que le pouvoir reste au peuple pour que les 
politiques ne puissent pas faire ce qu'ils veulent", a déclaré 
une électrice interrogée à un bureau de vote de l'Hôtel de ville 
de Copenhague.  
    D'autres craignent que leur pays et ses 5,5 millions 
d'habitants, qui ne fait pas partie de la zone euro, ne s'isole 
davantage.  
    "Le Danemark est un joli petit pays et nous devons veiller à 
ses intérêts, et, parce que nous sommes un petit pays, nous 
avons besoins d'amis plus grands", estime un sexagénaire.  
 
 (Avec Annabella Nielsen, Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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