Les Cubains entament les commémorations après la mort de "Fidel"

le , mis à jour à 23:23
0
 (Actualisé avec détails sur le début des commémorations) 
    par Nelson Acosta et Sarah Marsh 
    LA HAVANE, 28 novembre (Reuters) - Des dizaines de milliers 
de Cubains, certains enveloppés dans des drapeaux aux couleurs 
(blanc, bleu, rouge) du pays, ont commencé lundi à rendre un 
dernier hommage à Fidel Castro, le seul dirigeant qu'ils aient 
connu durant près d'un demi-siècle. 
    "Longue vie à Fidel ! Nous pouvons l'entendre, nous pouvons 
sentir sa présence, il sera toujours là", chantait une foule 
près de la place de la Révolution à La Havane. Une banderole 
proclamait "Nous sommes Fidel". 
    Le gouvernement cubain a invité les habitants à affluer sur 
cette place du centre de la capitale pour deux journées de 
commémorations dont le coup d'envoi a été donné à 09h00 (14h00 
GMT) par 21 coups de canons qui ont résonné dans presque toute 
la ville. 
    La dépouille du "Comandante" ou simplement "Fidel" comme les 
Cubains l'appelaient a été incinérée samedi, au lendemain de son 
décès à l'âge de 90 ans. On ignore officiellement les causes de 
sa mort mais on le savait de santé fragile depuis des années. 
    Ses cendres suivront cette semaine un cortège qui finira 
dimanche à Santiago de Cuba, où il avait lancé en 1953 avec une 
poignée de compagnons le mouvement révolutionnaire qui culmina 
par la triomphale entrée des "barbudos" à La Havane en janvier 
1959. 
    Cinq heures avant le début de la cérémonie, soit vers 04h00 
du matin, les gens avaient commencé à faire la queue pour avoir 
les meilleures places aux premiers rangs. 
     
    IMMENSE PHOTO  
    Comme Misleidys Rivero: "Pour moi, Fidel continue de vivre 
dans le coeur des Cubains", confie cette employée de 
station-service, un petit drapeau cubain à la main. 
    Ana Maria Vasquez, 49, dit avoir travaillé au Conseil 
d'Etat, l'organe exécutif que Fidel Castro présidait jusqu'à en 
avoir transmis les rênes à son frère Raul, il y a une dizaine 
d'années.   
    "Fidel c'était le pays, la révolution. Mais par dessus tout 
Fidel était un homme qui avait su ouvrir son coeur au peuple", 
dit-elle, en larmes. 
    Place de la Révolution, les opposants, les dissidents ne 
sont pas venus, alors ceux qui se confient n'ont que des choses 
positives à dire de "Fidel". 
    "Fidel était un professeur, un patriote", dit ainsi Roberto 
Videax, un retraité de 72 ans. "Mais il n'était pas parfait. 
Personne ne l'est."  
    Une immense photographie de Fidel Castro jeune, en treillis 
militaire, fusil et sac à dos en bandoulière, le regard porté 
vers le lointain, a été drapée autour de la Bibliothèque 
nationale, là où un portrait du Christ avait été installé à 
l'occasion de la visite du pape l'an dernier. 
     
    VENTE D'ALCOOL INTERDITE 
    Si l'étiquette des précédentes cérémonies reste suivie, Raul 
Castro et d'autres dirigeants du Parti communiste, de l'armée et 
du gouvernement devaient déposer des fleurs devant le monument 
consacré au héros national José Marti, une file de simples 
citoyens à leur suite. 
    La cérémonie à La Havane prendra fin mardi soir, moment 
choisi pour les hommages des dirigeants internationaux conviés 
pour honorer la mémoire d'un homme qui a consacré sa vie à la 
lutte contre le capitalisme et le colonialisme. 
    Un cortège funèbre accompagnera alors les cendres de Fidel 
Castro jusqu'à Santiago de Cuba, au fil d'un trajet de 1.200 km 
vers l'est de l'île. Neuf jours de deuil national prendront fin 
lorsque ses cendres y seront déposées le 4 décembre. 
    Le long du trajet, ses admirateurs pourront pleurer la 
disparition de celui qui s'est dressé contre l'"impérialisme" 
américain en Amérique latine, a dirigé le pays d'une main de fer 
tout en développant les secteurs de la santé et de l'éducation 
pour les pauvres et a inspiré des mouvements de libération dans 
le monde entier. 
    Dimanche, des touristes ont pris des photos place de la 
Révolution. "Ce qui m'a impressionné, c'est l'amour qu'avait le 
peuple cubain pour lui", déclarait Martha Pons, une Mexicaine 
venue à Cuba pour assister à un récital de Placido Domingo, 
reporté en raison de la mort de l'ancien dirigeant. 
    Depuis vendredi soir, Cuba fait silence et l'on n'entend 
plus les airs de musique et de danse qui font habituellement la 
richesse sonore des rues de La Havane.  
    Le gouvernement a interdit temporairement la vente d'alcool 
et suspendu la saison professionnelle de baseball. 
 
 (Julie Carriat, Eric Faye et Gilles Trequesser pour le service 
français, édité par Tangi Salaün) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant