Les créanciers d'Athènes n'obtiendront pas plus, dit Vénizelos

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EVANGELOS VÉNIZELOS MET LA PRESSION SUR LES CRÉANCIERS PRIVÉS DE LA GRÈCE
EVANGELOS VÉNIZELOS MET LA PRESSION SUR LES CRÉANCIERS PRIVÉS DE LA GRÈCE

par Dina Kyriakidou

ATHÈNES (Reuters) - Les créanciers privés de la Grèce n'ont pas intérêt à bouder l'offre d'échange de titres dont dépend le deuxième plan d'aide à Athènes car il s'agit de la meilleure offre qu'ils puissent espérer, a prévenu lundi le ministre grec des Finances, Evangelos Vénizelos.

Dans un entretien à Reuters à trois jours de l'expiration de cette offre d'échange d'obligations soumise aux créanciers privés ("PSI"), il a expliqué que les modalités de cet accord, conclu il y a deux semaines après des mois de négociations complexes, étaient favorables à toutes les parties.

Et il a ajouté que la Grèce n'hésiterait pas à prendre des mesures coercitives à l'encontre des porteurs de titres qui la rejetteraient.

"Quiconque pense qu'il sera remboursé intégralement s'il s'abstient se trompe", a-t-il dit. "Nous sommes prêts à activer des CAC (des clauses d'action collective imposant des pertes aux créanciers, NDLR) si c'est nécessaire", a-t-il dit.

L'accord soumis aux créanciers prévoit une perte de 53,5% de la valeur faciale des obligations concernées, qui équivaut à une décote réelle de 73 à 74% si l'on prend en compte les intérêts futurs. Il s'inscrit dans le cadre d'un plan plus large impliquant la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) destiné à réduire le fardeau de la dette grecque d'une centaine de milliards d'euros.

Evangelos Vénizelos a dit croire que le taux d'acceptation dépasserait 90%, grâce entre autres aux modalités prévoyant l'émission de nouveaux titres relevant du droit britannique (plus favorable aux créanciers), un lien entre le taux d'intérêt servi et la croissance de l'économie grecque et l'assurance de voir les porteurs des nouveaux titres traités sur un pied d'égalité avec les créanciers publics.

"Notre objectif, c'est une participation quasi-intégrale", a-t-il dit. "Personne ne devrait imaginer qu'il y aura une deuxième offre incluant ces éléments."

Il a reconnu qu'il était pour l'instant impossible de chiffrer le taux de participation.

"DES ENGAGEMENTS SONT DES ENGAGEMENTS"

La Grèce a déclaré qu'elle souhaitait atteindre un taux de 90%. Si le taux est inférieur à ce seuil mais supérieur à 75%, des consultations avec l'Union européenne et le FMI devront s'engager pour chercher le moyen de combler l'écart. Sous le seuil de 75%, l'opération sera un échec et précipitera la zone euro dans une nouvelle phase de la crise.

Douze banques, compagnies d'assurances et gestionnaires de fonds figurant parmi les principaux créanciers privés d'Athènes ont annoncé lundi qu'ils apporteraient leurs titres à l'échange. Parmi eux figurent BNP Paribas, Deutsche Bank, National Bank of Greece, Allianz et Greylock Capital Management.

Evangelos Vénizelos, l'un des favoris pour prendre la tête du parti socialiste grec (Pasok) lors du scrutin interne du 18 mars, a déclaré que l'accord de 130 milliards d'euros conclu le mois dernier engageait la Grèce à prendre des mesures difficiles d'austérité et à engager des réformes.

Les élections législatives anticipées prévues au printemps ne remettront pas en cause cet engagement car les principaux partis de la coalition gouvernementale actuelle se sont engagés par écrit à l'honorer, a-t-il ajouté.

"Des signatures sont des signatures, des engagements sont des engagements", a-t-il dit.

Dans les sondages, le ministre des Finances se classe au deuxième rang du classement des personnalités susceptibles de prendre la tête d'un prochain gouvernement, derrière Antonis Samaras, le leader du parti de droite Nouvelle Démocratie.

Il a par ailleurs confirmé que l'économie grecque resterait en récession en 2012, pour la cinquième année consécutive, et que le PIB ne renouerait avec la croissance qu'en 2013.

Ce professeur de droit constitutionnel arrivé à la tête du ministère des Finances en juin s'est dit confiant dans le maintien de la Grèce au sein de la zone euro.

"Les élections ne sont pas un problème", a-t-il assuré. "Les gens vont choisir comment ils veulent voir leur pays gouverné dans le respect des engagements qu'il a pris vis-à-vis de ses partenaires."

Marc Angrand pour le service français, édité par Jean Décotte

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  • m.young le lundi 5 mar 2012 à 17:59

    D'accord avec marshaka. Le 21/02/12, pour Jean Pisani-Ferry, responsable de l'institut Bruegel, le plan ne fait sans doute "que repousser l'échéance funeste", car "la Grèce ne va pas mettre en oeuvre l'austérité promise et va se retrouver au bout du compte à devoir décider de sortir de l'euro ou à être poussée vers la sortie". S'il pouvait se tromper, ce serait bien.

  • gvigner3 le lundi 5 mar 2012 à 17:54

    Et que fait la grèce pr remettre de l' ordre ds sa baraque: perception de l' impôt, faux handicapés, riches qui sortent leurs richettes à la brouette, l' église, le cadastre ....

  • marshaka le lundi 5 mar 2012 à 17:45

    75 % de décote ok, mais les nouvelles obligations émises ne seront pas remboursées non plus car la Grèce n'a pas la capacité de rembourser quoi que ce soit ! La perte sera totale ! Il faut vite activer les CDS et sortir la Grèce de l'UE. On pourrait aussi ouvrir un procès contre les personnes qui ont maquillé les comptes pour faire rentrer la Grèce dans l'UE

  • degrima le lundi 5 mar 2012 à 17:43

    "Des signatures sont des signatures, des engagements sont des engagements", a-t-il dit.je trouve qu'il ne manque pas d'air: et les engagements de la Grèce ?