Les coûts d'emprunt reculent dans la zone euro malgré Moody's

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LES COÛTS D'EMPRUNT RECULENT DANS LA ZONE EURO MALGRÉ LA DÉCISION DE MOODY'S
LES COÛTS D'EMPRUNT RECULENT DANS LA ZONE EURO MALGRÉ LA DÉCISION DE MOODY'S

par Valentina Za

MILAN (Reuters) - Les coûts d'emprunt à trois ans de l'Etat italien sont tombés lors d'une adjudication mardi à leurs plus bas depuis mars, en dépit d'un abaissement de la note souveraine du pays la veille, les prêts bon marché de la BCE soutenant toujours la demande sur le marché de la dette.

L'Espagne - qui figure aussi parmi les six pays de la zone euro déclassés lundi soir par l'agence Moody's - et la Belgique ont également vu leurs coûts de financement se replier lors d'une série d'adjudications dans la matinée. Même la Grèce, qui risque de se retrouver en défaut le mois prochain, a réussi à placer du papier à trois mois.

Madrid a adjugé plus de 5 milliards d'euros de bons du Trésor lors d'une émission de dette sursouscrite plus de deux fois, malgré un abaissement de deux crans de sa note souveraine, tandis que le rendement moyen du papier belge à un an est ressorti à moins de 1,0%, à un plus bas depuis septembre 2010.

L'Etat italien a adjugé 6,0 milliards d'euros de dette à moyen terme, un montant qui se situe tout en haut de la fourchette annoncée, un résultat rassurant après la très faible demande observée lors d'une adjudication de dette à un an lundi. Mardi, le ratio de couverture de l'adjudication s'élevait au minimum à 1,4, contre 1,2 un mois plus tôt et pour un montant moindre.

Cette adjudication porte à 35,4 milliards d'euros le montant des obligations émises cette année par l'Italie. Le pays a ainsi déjà refinancé plus du tiers des 90 milliards d'euros d'obligations arrivant à échéance et qui doivent être remboursées ou reconduites entre février et fin avril.

"C'était une bonne série de résultats. Des bons ratios de couverture, des rendements en recul comparé aux dernières adjudications de ce type", commente Lyn Graham-Taylor, chez Rabobank à Londres.

"Les effets positifs nés de l'opération de refinancement à long terme de décembre et de celle à venir se poursuivent."

Les rendements du papier italien et espagnol ont en effet nettement reculé depuis que la Banque centrale européenne (BCE) a inondé les marchés en prêtant aux banques près de 500 milliards d'euros à trois ans fin décembre (opération dite LTRO).

L'anticipation d'une deuxième opération de ce type prévue le 29 février continue de soutenir la demande pour les titres souverains, que les banques peuvent utiliser comme collatéral pour les prêts bon marché de la BCE.

Cette deuxième opération pourrait conduire les banques à lui emprunter 500 milliards d'euros à la fin de ce mois, selon une récente enquête de Reuters auprès de professionnels des marchés.

"FALSIFICATION"

L'Italie a vendu pour 4 milliards d'euros d'obligations à trois ans à un rendement moyen de 3,41%, en net recul par rapport aux 4,83% constatés lors de la dernière adjudication de ce type un mois plus tôt.

C'est un plus bas atteint en adjudication depuis mars, avant que l'Italie ne devienne une cible de premier rang de la crise de la dette de la zone euro. Aussitôt après l'opération, les rendements italiens se sont aussi repliés sur le marché secondaire, effaçant une progression modérée constatée après le déclassement de l'agence Moody's.

Madrid a vendu pour 5,4 milliards d'euros de bons à 12 et 18 mois, servant pour l'emprunt à un an un rendement de 1,9%, en légère baisse par rapport à une adjudication précédente et contre 2,2% servis par l'Italie la veille pour du papier de même échéance.

"Le surplus de liquidités émis par la BCE falsifie les fondamentaux (...) c'est pourquoi selon nous l'Espagne et l'Italie s'en tirent ainsi de ces adjudications", analyse Lyn Graham-Taylor de Rabobank.

"Nous pensons que cela n'est pas viable et que les effets du LTRO ('long term refinancing operation') vont commencer à s'émousser."

De son côté, la Belgique a consenti un rendement de 0,89% pour emprunter à un an lors d'une émission de papier à trois et 12 mois, un plus bas depuis septembre 2010 à comparer à 1,16% le mois dernier.

La Grèce, qui doit encore s'assurer un deuxième plan de sauvetage de 130 milliards d'euros jugé nécessaire pour éviter sa faillite en mars, a quant à elle placé 1,3 milliard d'euros de papier à trois mois à 4,6%, un rendement stable par rapport au mois dernier.

Avec Nigel Davies à Madrid et Philip Blenkinsop à Bruxelles, Natalie Huet pour le service français, édité par Danielle Rouquié

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  • PP4512 le mardi 14 fév 2012 à 17:47

    rien compris !il y a une deuxiéme tournée de LTRO et celle là sera plus que la premiere destinée à couvrir les emprunts domestiques !