Les cours du pétrole pourraient encore baisser-AIE

le , mis à jour à 12:20
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LONDRES, 10 juillet (Reuters) - Les cours du pétrole s'apprêtent à subir de nouvelles pressions à la baisse dans un contexte de recul de la demande face à une offre de plus en plus surabondante et la phase de réajustement des marchés pourrait se prolonger jusqu'à l'an prochain, a déclaré vendredi l'Agence internationale de l'Energie (AIE). L'agence s'attend à un ralentissement de la croissance de la demande mondiale à 1,2 million de barils par jour (bpj) en 2016 contre 1,4 million cette année, nettement insuffisante pour compenser la croissance continue de la production, tant des pays de l'Opep qu'hors Opep. "Il se peut que le point bas du marché soit encore à venir", écrit l'agence dans son rapport mensuel. "Le mouvement de rééquilibrage, qui a commencé lorsque les marchés ont lancé une première phase de baisse des cours de 60% il y a un an, n'est pas fini. De récentes évolutions laissent penser que le processus se prolongera largement en 2016." "Le marché pétrolier était largement excédentaire au deuxième trimestre de 2015 et le reste aujourd'hui. De même, il apparaît clairement que la capacité du marché à absorber l'excédent ne devrait pas durer. Les capacités de stockage terrestre sont limitées, ainsi que la flotte de pétroliers." La surabondance de l'offre provient d'une forte augmentation de la production américaine liée au développement du pétrole de schiste et de la décision de l'Opep de ne pas réduire sa production afin de conserver ses parts de marché. Mais la récente chute des cours, à 50-60 dollars le baril contre 115 dollars il y a un an, n'a pour l'instant pas d'impact notable sur la production nord-américaine. "Le calendrier attendu du rééquilibrage s'est quelque peu modifié mais le scénario n'a pas changé. La réponse de l'offre à la baisse des cours est en route", dit l'AIE, ajoutant qu'il faudra peut-être une nouvelle baisse des cours pour que cette réponse se déploie en totalité. L'offre de pétrole des Etats-Unis a augmenté d'un million de bpj au cours des cinq premiers mois de 2015, en baisse par rapport aux 1,8 million de bpj de 2014. L'offre totale des pays hors Opep, après avoir augmenté de 2,4 millions de bpj en 2014, semble ralentir à un rythme de croissance d'un million de bpj en 2015 pour ne plus augmenter en 2016. La croissance de la demande mondiale semble elle avoir atteint un pic au premier trimestre 2015, à 1,8 million de bpj, et devrait fléchir le reste de l'année et en 2016. Ce qui signifie que les besoins en pétrole de l'Opep se situeront à 30,3 millions de bpj l'an prochain, en hausse d'un million par rapport à 2015, mais encore en retrait de 1,4 million par rapport à la production du cartel. (Dmitry Zhdannikov et Christopher Johnson, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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