Les cours du pétrole enregistrent une volatilité record

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Le pétrole a connu une journée de volatilité record lundi 4 janvier.
Le pétrole a connu une journée de volatilité record lundi 4 janvier.

Les opérateurs sur le marché du pétrole ne savaient plus où donner de la tête lundi 4 janvier. Les cours du pétrole ont connu une volatilité record, enchaînant les hausses et les baisses avec une cadence effrénée dans un contexte très tendu entre l’Iran et l’Arabie Saoudite.

Les cours du pétrole s’orientaient finalement en baisse lundi 4 janvier en fin de journée, dans une séance de montagnes russes pour les cours de l’or noir.

Le baril de pétrole WTI, coté à New York, est revenu à 36,5 dollars lundi à 17h30, après avoir brièvement passé à la hausse le seuil des 38 dollars, seulement une heure et demi plus tôt.

Les prix du baril, traditionnellement liés à l’évolution de l’actualité diplomatique des pays du Golfe et du Moyen-Orient, ont réagi à l’escalade des tensions survenue lundi 4 janvier entre l’Iran et l’Arabie Saoudite.

Dimanche 3 janvier, l’Arabie Saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran, suite à l’incendie de son ambassade à Téhéran. Cet incendie avait été déclenché par des manifestants réagissant à l’exécution par l’Arabie Saoudite de 48 prisonniers, dont un haut dignitaire chiite. L’Iran, principale puissance chiite du monde musulman, s’est indigné de cette exécution réalisée par la principale puissance sunnite.

La rupture des relations diplomatiques entre l’Arabie Saoudite et l’Iran s’est traduite par l’expulsion, sous 48h, des diplomates iraniens travaillant à l’ambassade d’Iran située à Riyad (Arabie Saoudite).

Lundi 4 janvier, c’est par ailleurs le petit royaume du Bahreïn qui a suivi la même voie que son cousin sunnite, en rompant à son tour ses relations diplomatiques avec l’Iran, faisant monter les tensions dans la région, par ailleurs grande productrice de pétrole. Le Monde parlait ainsi lundi d’un risque de « déstabilisation du Proche-Orient ».

La mauvaise tournure des événements, et les incertitudes à court terme sur l’évolution de cette situation, ont participé à une hausse des prix du pétrole lundi 4 janvier en cours de journée. Vers 16h, le baril de pétrole WTI gagnait plus de 3%, tout comme le baril de Brent de Mer du Nord.

Le rebond du pétrole n’a pas permis aux indices européens et américains de retrouver des couleurs, bien que ceux-ci aient précédemment beaucoup souffert de la baisse régulière des prix du pétrole. Les indices boursiers étaient en effet lourdement affectés, lundi, par une résurgence des craintes sur l’économie chinoise. Il aurait par ailleurs été difficilement envisageable que les indices boursiers réagissent favorablement à l’escalade des tensions entre les puissances chiites et sunnites.

Le mouvement de hausse du pétrole engagé au cours de l’après-midi a néanmoins été stoppé net puis annulé après 16h30. Les cours ont rechuté, pour des raisons a priori principalement spéculatives, alors que l’on sait que même une forte dégradation de la situation au Moyen-Orient, impactant ses capacités d’exploitation et d’exportation de pétrole, ne serait pas un véritable problème pour le marché du pétrole, désormais dominé par les Etats-Unis, premier producteur mondial depuis l'an dernier. Les Etats-Unis ont par ailleurs rendu possible le mois dernier l’exportation de ses stocks de pétrole, réduisant largement les craintes d'une éventuelle pénurie en cas d'aggravation des tensions au Moyen-Orient.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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