Les cours du pétrole chutent, l'Opep fragilisée par l'échec de Doha

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    * Craintes d'un accroissement de l'excédent de production 
    * La rivalité entre Ryad et Téhéran en toile de fond 
    * Grève au Koweit, baisse des forages aux USA limitent la 
baisse 
 
    par Henning Gloystein 
    SINGAPOUR, 18 avril (Reuters) - Les cours du pétrole sont en 
net recul lundi après l'échec de la réunion entre producteurs à 
Doha qui mine la crédibilité de l'Organisation des pays 
exportateurs de pétrole (Opep) comme régulateur du marché et 
laisse entier le problème de l'excès de l'offre sur le marché 
mondial. 
    Les discussions de Doha entre pays producteurs de pétrole 
membres de l'Opep ou extérieurs au cartel se sont achevées ce 
dimanche sans accord sur un gel de la production, l'Arabie 
saoudite ayant exigé que l'Iran se joigne au mouvement. 
  
    "La crédibilité de l'Opep pour coordonner la production est 
désormais très faible", commente Peter Lee de BMI Research, une 
filiale de l'agence de notation Fitch. "Le problème pour les 
Saoudiens n'est pas seulement le pétrole.  C'est au moins autant 
une question de politique régionale." 
    Pour Morgan Stanley, l'échec des discussions "souligne 
l'état déplorable des relations au sein de l'Opep". La banque 
d'investissement ajoute : "Nous voyons maintenant un risque 
accru d'une augmentation de l'offre de l'Opep", en particulier 
du fait de la menace de l'Arabie saoudite d'augmenter sa 
production à la suite de l'échec de Doha. 
    "Chacun poursuit ses objectifs égoïstes et cela peut 
conduite aux scénarios les plus imprévisibles", a déploré Valery 
Goloubev, administrateur du groupe gazier russe Gazprom 
 GAZP.MM  lundi lors d'une conférence sur le secteur de 
l'énergie à Moscou.  
    Les cours du pétrole ont accusé une baisse allant jusqu'à 
70% par rapport à leurs niveaux de la mi-2014, les pays 
producteurs pompant entre 1 et 2 millions de barils par jour de 
plus que nécessaire pour satisfaire la demande, un excédent 
d'offre qui est venu alimenter les réservoirs de stockage à 
travers le monde. 
    La réunion de ce week-end dans la capitale qatarie visait à 
parvenir à un accord de gel de la production sur les niveaux du 
mois de janvier jusqu'en octobre 2016 afin d'enrayer l'excédent 
d'offre sur le marché. 
    Mais Ryad, chef de file de l'Opep, a insisté pour que tous 
les pays membres de l'Opep soient partie prenante à ce gel 
concerté de la production, y compris l'Iran.  
    Or, la République islamique, absente dimanche à Doha, se 
refuse à stabiliser sa production au moment où la levée des 
sanctions occidentales liées à son programme nucléaire peut lui 
permettre de reprendre pied sur le marché mondial de la 
production de brut. 
    L'Arabie saoudite sunnite et l'Iran shiite, qui veulent 
assoir leur influence au Moyen-Orient, se livrent des guerres 
par procuration en Syrie et au Yemen.  
    Les cours de baril de Brent de la mer du Nord  LCOc1 , qui 
avait chuté de près de 7% sur les marchés asiatiques lundi, ont 
effacé une partie de leurs pertes et reculent de 4,2% vers 08h00 
GMT, se maintenant au-dessus de 41 dollars le baril. 
    Une grève dans le secteur pétrolier au Koweit explique 
qu'ils ne soient pas tombés sous le seuil de 40 dollars le 
baril, ont dit des intervenants de marché. La chute du nombre de 
forages aux Etats-Unis, retombé au niveau de 2009, a aussi 
limité le recul des cours. 
    Le contrat mai sur le brut léger américain (West Texas 
Intermediate, WTI)  CLc1  cède plus de 4,7% et se traite à 38,45 
dollars le baril. 
    Pour Goldman Sachs, l'échec des discussions de Doha pourrait 
constituer un "catalyseur à la baisse" pour les cours du pétrole 
aux Etats-Unis, dont la  banque d'investissement s'attend à ce 
qu'ils s'établissent à 35 dollars en moyenne au deuxième 
trimestre.  
     
    REGAIN DE VOLATILITÉ 
    "A court terme, des prix du pétrole plus bas vont peser sur 
la confiance des investisseurs et pourraient exacerber la 
volatilité sur les marchés financiers", prévient Frédéric 
Neumann, économiste chez HSBC.  
    "Les inquiétudes sur la stabilité financière dans le secteur 
de l'énergie et un nouveau recul de l'investissement dans le 
forage pénaliseront la croissance dans un environnement 
économique mondial déjà fragile." 
    En dépit de ses appels à un accord à Doha, l'Arabie saoudite 
a insisté pour que la totalité des 13 pays membres de 
l'Organisation acceptent le gel. 
    "Il semble que pour les Saoudiens, les questions politiques 
et la fierté nationale soient plus importantes que le prix du 
pétrole", dit Ralph Leczcynski, du courtier en transport 
maritime Banchero Costa. 
    "L'Iran n'a aucune raison de s'auto-sanctionner alors qu'ils 
essayent seulement de récupérer une partie des parts de marché 
qu'ils ont perdues au cours des dernières années du fait des 
sanctions occidentales", ajoute-t-il. 
    Si une rechute des cours du pétrole pénalisera les pays 
producteurs, elle peut faire les affaires des pays 
consommateurs. 
    Barclays s'attend ainsi à ce que les cours du pétrole 
reculent à 36 dollars le baril en moyenne au deuxième trimestre. 
    "Cette réunion et son issue auraient dû (...) instaurer la 
confiance entre producteurs en vue d'une future coopération 
potentielle et d'une action coordonnée. A cet égard, la réunion 
a été un échec total", a dit la banque. "L'échec des discussions 
donne au marché une nouvelle indication de la diminution de 
l'importance de l'Opep pour ce marché", a-t-elle ajouté.   
     
    Sur le même thème :  
    BREAKINGVIEWS-OPEC freeze failure could hasten oil's 
recovery.    
     
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 

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