Les coupes budgétaires doivent continuer dans l'UE, dit Rehn

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OLLI REHN ESTIME QUE LA RÉDUCTION DES DÉPENSES BUDGÉTAIRES DOIT CONTINUER DANS L'UE
OLLI REHN ESTIME QUE LA RÉDUCTION DES DÉPENSES BUDGÉTAIRES DOIT CONTINUER DANS L'UE

BRUXELLES (Reuters) - Les pays de l'Union européenne doivent poursuivre la réduction de leurs dépenses budgétaires pour sortir de la crise même si le Fonds monétaire international estime que ce mouvement risque d'affaiblir leur économie, a déclaré vendredi le commissaire aux Affaires économiques et monétaires.

Après avoir longtemps prôné l'austérité budgétaire pour assainir les finances publiques, le FMI a récemment tempéré sa position en la matière, en se prononçant contre les politiques consistant à contraindre des Etats lourdement endettés, comme la Grèce, à réduire trop rapidement leur déficit.

Pour le commissaire européen Olli Rehn, l'étude sur laquelle est fondée ce nouveau jugement, qui date d'octobre et a été complétée depuis, ne peut pas s'appliquer uniformément et n'intègre pas le fait que les investisseurs attendent des gouvernements qu'ils maîtrisent la dette publique.

"Il faut prendre en compte l'effet de confiance", a-t-il dit dans un discours à Bruxelles, ajoutant que l'impact des mesures d'austérité différait selon les pays, en fonction notamment de leur accès aux marchés.

Ce jugement semble refléter des divergences au sein de la "troïka" formée par la Commission, le FMI et la Banque centrale européenne (BCE) sur les moyens d'assurer le redressement des pays en difficulté de la zone euro.

Avant Olli Rehn, le président de la BCE avait écarté jeudi l'hypothèse d'un relâchement des efforts de réduction des dettes souveraines.

"De si grands progrès accompagnés de sacrifices si importants ont déjà été accomplis qu'il ne serait pas bon de revenir à une situation qui a déjà été jugée intenable", a dit Mario Draghi lors de sa conférence de presse mensuelle à Francfort.

Pour Olli Rehn, les coupes déjà effectuées ont rendu plus supportables les déficits budgétaires et les dettes des Etats concernés mais ceux-ci doivent encore fournir des efforts car leur endettement reste élevé.

"Que se serait-il passé si l'Italie avait assoupli sa politique budgétaire en novembre 2011 ?", s'est-il interrogé vendredi.

"La raison pour laquelle les rendements obligataires de l'Italie ont commencé à s'envoler, c'est précisément le fait que l'Italie ne respectait pas ses engagements", a-t-il ajouté en référence aux derniers mois du gouvernement Berlusconi en 2011.

"Il faut l'assumer: l'Italie a une dette publique de plus de 120% (du PIB)", a insisté Olli Rehn. Il a également cité les cas de la France et de l'Espagne en les rappelant à leurs engagements budgétaires envers l'UE et refusant de dire s'ils bénéficieraient d'un délai supplémentaire pour réduire leurs déficits.

Robin Emmott, Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny

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