Les cotes des autos anciennes s'envolent, nourries par les investisseurs

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Cette 41e édition du rendez-vous de la voiture de collection qui a ouvert ses portes mercredi, abrite comme chaque année des stands de clubs spécialisés, de constructeurs, de revendeurs de pièces et de documentation. Mais d'autres exposants semblent (Alexander Vasilyev/shutterstock.com)
Cette 41e édition du rendez-vous de la voiture de collection qui a ouvert ses portes mercredi, abrite comme chaque année des stands de clubs spécialisés, de constructeurs, de revendeurs de pièces et de documentation. Mais d'autres exposants semblent (Alexander Vasilyev/shutterstock.com)

(AFP) - Poussées par des investisseurs en quête de placements sûrs et rentables, les cotes des voitures anciennes enregistrent de fortes hausses, au point d'alimenter des craintes de bulle spéculative, selon des spécialistes du secteur au salon Rétromobile de Paris.

Cette 41e édition du rendez-vous de la voiture de collection qui a ouvert ses portes mercredi, abrite comme chaque année des stands de clubs spécialisés, de constructeurs, de revendeurs de pièces et de documentation. Mais d'autres exposants semblent prendre de plus en plus de place: les maisons d'enchères et les revendeurs de voitures exclusives.

Vendredi, Artcurial va proposer une Ferrari de course de 1957, estimée entre 28 et 32 millions d'euros, tout près du record absolu d'enchère pour une voiture.

"Le marché est très très soutenu en ce moment", explique à l'AFP Derek Hood, directeur de l'entreprise anglaise de négoce d'automobiles d'exception "J.D. Classics". Pour lui, "l'année dernière, les valeurs ont gagné environ 17%, l'année d'avant c'était fou, avec 40%. Et cette année, on devrait être entre 10 et 15%".

Les autos que propose son entreprise, Ferrari ou Aston Martin des années 1960, ne sont accessibles qu'aux plus riches, mais "nous avons déjà vendu 12 voitures depuis le début de l'année", se félicite M. Hood.

Pour lui, les véhicules rares sont "un formidable investissement" en période de taux d'intérêt bas et d'incertitudes sur les marchés boursiers. Et il s'agit de biens "très liquides" qui revendent plus rapidement que l'immobilier.

Ce phénomène ne touche pas seulement les marques exclusives, indique à l'AFP Hugues Portron, responsable de "Renault Classic" qui veille sur l'héritage de l'ex-Régie.

Par exemple, une berlinette Alpine A110 des années 1960, "c'est devenu inabordable", certaines versions dépassant les 100.000 euros, trois fois plus qu'il y a dix ans. Cette envolée "n'est peut-être pas pour des raisons de pure passion, et il y a sans doute un peu d'arrière-pensées spéculatives", estime-t-il.

- Niche fiscale -

Même constat pour la DS, véhicule emblématique de Citroën. Cette berline de grande diffusion est désormais difficile à trouver sous 10.000 euros, confie à l'AFP Arnaud Ribault, vice-président chargé des ventes et du marketing de la marque DS, récemment créée au sein du groupe PSA Peugeot Citroën. Des berlines de 1968 peuvent atteindre 60.000 euros, selon lui.

"Clairement, surtout pour les modèles rares, il y a des gens qui viennent pour effectuer un placement ou pour avoir un objet pendant un certain temps et le revendre avec l'assurance d'un prix élevé", observe-t-il. Le coupé SM (1970-1975) a lui aussi profité de la tendance: après avoir stagné pendant des années à 20.000 euros, il approche les 85.000, selon M. Ribault.

Au début des années 1990, le marché de l'automobile d'exception s'était brutalement effondré, après une spéculation sur notamment les Ferrari. M. Hood assure que la situation actuelle est bien plus "saine".

"Il y a sans doute des spéculateurs, mais il y a surtout des investisseurs" solvables, confirme Laurent Hériou, directeur général de la Fédération française des véhicules d'époque (FFVE): "tant que l'offre est inférieure à la demande, les prix montent".

L'intérêt des investisseurs pour les voitures anciennes en France s'explique aussi par le fait que certaines d'entre elles, assimilées à des oeuvres d'art, peuvent bénéficier de l'exonération d'impôt de solidarité sur la fortune. Elles sont en revanche soumises à une taxe forfaitaire sur les plus-values, selon le bulletin officiel des finances publiques.

Autre élément de l'équation, "elles ont plutôt tendance à disparaître qu'à se reproduire, donc le marché se restreint" et les valeurs montent, fait valoir Hervé Charpentier, conservateur du musée de l'Aventure Peugeot à Sochaux (Doubs). C'est le cas des autos au Lion, "pour peu qu'elles plaisent, pour peu qu'elles aient un affect, comme les 403 cabriolet, les 404 coupé, les 504 cabriolet ou coupé".

M. Portron, de Renault, se dit convaincu à titre personnel que le marché va se corriger. "C'est pour ça qu'il est très important d'acheter une voiture qui vous plaise. Peu importe si la cote se casse un peu la figure, on aura toujours le plaisir quotidien de rouler avec".

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  • M2140153 il y a 12 mois

    Une course contre la rouille ;-)

  • j.barbe6 il y a 12 mois

    Surtout par l'ISF. Le monde l'art et des spectacles est servi cela n'entre pas dans l'assiette de l'ISF.Du grand n'importe quoi à la francaise. On peut pas investir dans les entreprises car la fiscalité est confiscatoire alors on 'investi' dans de la tôle.

  • d.jousse il y a 12 mois

    la collection c'est comme la bourse, il faut connaitre ce que l'on achète. Un Citroën SM à 80 000 euros. Une bête à chagrins que je ne prendrais même pas pour 1 euro. Alors ceux qui en ont une, profitez de cette ouverture pour lâcher le bébé.