Les constructeurs autos investissent dans la mobilité du futur

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LES CONSTRUCTEURS AUTOMOBILES MISENT SUR LA NOUVELLE MOBILITÉ
LES CONSTRUCTEURS AUTOMOBILES MISENT SUR LA NOUVELLE MOBILITÉ

par Joseph White et Paul Lienert

DETROIT (Reuters) - Les constructeurs automobiles sont de plus en plus nombreux à s'associer à des entreprises dans le domaine des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), du covoiturage ou de l'autopartage afin de s'assurer une place de choix dans le nouveau paysage de la mobilité.

Les grands groupes considèrent maintenant ce secteur en plein essor comme un débouché prometteur pour toutes sortes de véhicules, notamment hybrides et électriques, soulignent industriels et analystes.

Des liens avec des services d'autopartage ou des loueurs permettent en outre aux constructeurs de présenter leurs nouveaux modèles à des clients potentiels.

Les entreprises du secteur de la technologie sont également très prisées parce qu'elles donnent accès à de nombreuses données sur la clientèle ainsi qu'à des moyens sophistiqués pour les analyser.

Les unions sont profitables aux deux parties puisque les entreprises de la Silicon Valley peuvent ainsi obtenir des constructeurs de l'argent frais et l'accès au savoir-faire de leurs ingénieurs, sans parler de rabais pour des véhicules pour leurs employés.

Les exemples de ces rapprochements ne manquent pas, le dernier étant un investissement non précisé de BMW iVentures, la branche capital-risque de BMW, dans Scoop, une start-up californienne d'autopartage par le biais de smartphones.

Cette semaine également, Toyota Motor a annoncé son intention d'investir dans les services de réservation de VTC d'Uber.

CHACUN Y TROUVE SON COMPTE

En début d'année, General Motors avait annoncé qu'il allait investir 500 millions de dollars (448 millions d'euros)dans Lyft, le grand rival d'Uber aux Etats-Unis.

Ford, Daimler et d'autres ont dévoilé récemment des initiatives similaires.

Les constructeurs "veulent s'assurer qu'ils sont dans la partie", explique Mark Short, du cabinet Ernst & Young, qui conseille les constructeurs pour ce type de transaction. "Pour être dans la partie, il faut investir dans ces entreprises".

Chacun y trouve son compte. Uber, par exemple, "sait très peu de choses des voitures, de comment elles sont fabriquées, de comment elles fonctionnent", explique Jan Dawson, analyste en technologie pour Jackdaw Research.

Uber et Toyota vont désormais pouvoir travailler ensemble sur des voitures autonomes, chacun profitant des compétences et de l'expérience de l'autre.

Les entreprises de VTC sont par ailleurs un débouché naturel et une vitrine parfaite pour les véhicules électriques ou hybrides, souvent considérés comme trop chers par les particuliers.

Offrir des rabais de la part de constructeurs pour les chauffeurs d'entreprises comme Uber ou Lyft devient en outre une activité très lucrative. Uber Vehicle Solutions, spécialisé dans l'achat ou le leasing de véhicules, fait ainsi état de 50.000 clients à fin décembre pour des transactions dépassant le milliard de dollars.

(Patrick Vignal pour le service français, édité par Véronique Tison)

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