Les consommateurs changent leurs habitudes

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Avec la crise, ils consomment moins et se tournent vers le marché de l'occasion ou le troc.

La crise, qui sévit depuis quatre ans déjà, pèse de plus en plus sur les consommateurs européens. Plus de deux sur trois (71 %) déclarent ainsi ne pas avoir les moyens de consommer comme ils le souhaiteraient, selon une étude de l'Observatoire Cetelem, réalisée auprès de 6 500 personnes dans 12 pays européens. Seuls 34 % des consommateurs comptent augmenter leurs dépenses cette année, contre 54 % en 2012.

Après avoir arbitré dans leurs dépenses et supprimé celles qui leur paraissent les moins utiles, les consommateurs du Vieux Continent se tournent désormais vers des modes de consommation alternatifs, moins contraignants. «Quand 10 à 20 % de la population cherche du travail comme c'est le cas dans les pays européens, la consommation alternative devient une vraie solution», justifie Flavien Neuvy, responsable de l'Observatoire.

Un peu partout, le troc, les échanges de services et de marchandises, la récupération d'objets ont tendance à se développer, avec à la clé des économies substantielles pour les consommateurs. Dans ce domaine, les Français sont les premiers à vouloir éviter de payer lorsqu'ils le peuvent. Ils sont d'ailleurs 62 % à souhaiter recourir aux réseaux d'entraide ou d'échanges dans les prochains mois, contre 52 % des Européens en moyenne. La location d'objets (pour le bricolage), l'achat groupé et surtout le marché de l'occasion (achat et vente) bénéficient aussi de la conjoncture difficile: près d'un Européen interrogé sur trois (68 %) veut désormais acheter des produits usagés (sur Internet, dans des brocantes ou des vide-greniers...), contre 59 % il y a un an.

Les réseaux sociaux orientent les acheteurs

Dans le même temps, la consommation responsable se développe rapidement: elle séduit 55 % des Européens pour leurs futurs achats. La quasi-totalité d'entre eux (96 %) affirme vouloir réduire sa consommation en eau et en énergie. «La prise de conscience sociale et environnementale s'accélère au fil des ans», note l'enquête. À condition toutefois que le consommateur y trouve son compte. «Le marché du bio, par exemple, prend de l'ampleur parce que le consommateur y trouve un double intérêt: il a le sentiment de se comporter en citoyen et il consomme des produits qui sont bons pour sa santé», précise Flavien Neuvy. Tous ces changements sont rendus possibles grâce à Internet, qui joue un rôle essentiel dans le développement des comportements alternatifs, notamment via les réseaux sociaux. Un quart des personnes interrogées estiment d'ailleurs qu'à l'avenir les ménages tiendront compte avant tout des avis exprimés sur ces réseaux (Facebook, Twitter...) avant d'acheter.

Ces nouvelles formes de consommation devraient s'installer durablement en Europe. «Les comportements alternatifs vont prendre de plus en plus d'ampleur dans les années à venir, il n'y a aucune raison que l'on revienne en arrière», estime Flavien Neuvy qui compare la tendance actuelle aux premiers pas du e-commerce au début des années 2000.

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  • bignou56 le mercredi 6 fév 2013 à 13:55

    L'occasion c'est bien mais cela dépend des produits.Je pourrai acheter des jouets de construction par exemple mais pas un ordinateur ou une tablette tactile)

  • bignou56 le mercredi 6 fév 2013 à 13:53

    Il y a des produits bio (produits locaux)moins chers que les non bio avec plein de E dans les ingrédients (vu qu'il viennent de chine,le transport coute cher)

  • M654098 le mercredi 6 fév 2013 à 12:32

    le bio plus cher md24750 c'est dans la grande distribution et chez certaines amaps qui ne négocient pas le tarifssi vous vous leviez le samedi matin pour acheter directement vos legumes et fruits chez le producteur bio, vous verriez que les prix sont sensiblement les mêmes.l'agriculture bio consomme moins d'intrants et d’énergie (passages de tracteurs) pour des rendement sensiblement moindre.les prix ne devraient pas être trop dé-corrélés sauf que beaucoup y voient un marché juteux,rentable.

  • md24750 le mercredi 6 fév 2013 à 07:34

    quand on voit le prix des produits bio, je doute que la majorité des français, vue la "crise", les privilégient en achat.