Les conseillers fiscaux dans le collimateur de Londres

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    par William James et Huw Jones 
    LONDRES, 17 août (Reuters) - Le gouvernement britannique a 
présenté mercredi des mesures destinées à sanctionner les 
conseillers financiers qui permettent à leurs clients de 
contourner la loi pour payer moins d'impôts et, plus 
généralement, à enrayer le fonctionnement de ce qu'il appelle la 
"chaîne logistique de l'évasion fiscale". 
    Le ministère des Finances a expliqué que le fisc pourrait 
infliger des pénalités aux conseillers juridiques ou fiscaux 
ainsi qu'aux experts-comptables qui proposent des mécanismes 
d'évasion fiscale et pas seulement à ceux qui en bénéficient. 
    Le fisc britannique estime que le recours à des mécanismes 
d'évasion fiscale a représenté un manque à gagner pour l'Etat de 
2,7 milliards de livres (3,1 milliards d'euros) durant 
l'exercice budgétaire 2014. 
    Récupérer cet argent est une priorité pour le gouvernement 
de la Première ministre Theresa May, qui tente d'équilibrer les 
finances publiques et d'apaiser une opinion publique remontée 
sur cette question. 
    Si le fisc estime qu'il y a eu volonté préméditée de 
contourner la loi, il pourrait infliger à l'auteur du mécanisme 
incriminé une amende équivalente à la somme qu'il a permis de 
lui soustraire. 
    Le cabinet comptable Ernst & Young  ERNY.UL  s'est dit 
favorable à plus de transparence et de clarté du système fiscal. 
Les trois autres grands cabinets comptables que sont Deloitte 
 DLTE.UL , PriceWaterhouseCoopers  PWC.UL  et KPMG  KPMG.UL  
n'ont fait aucun commentaire dans l'immédiat.   
    Ce n'est pas la première initiative prise pour lutter contre 
l'évasion fiscale mais dans la mesure où celle-ci vise plus 
particulièrement le secteur du conseil, ce sont ses retombées en 
termes de coûts et de réglementation qui suscitent des 
inquiétudes. 
    "Ce que je crains, c'est que sur le long terme, ce soient 
d'autres domaines de la comptabilité de base et du conseil 
fiscal et qui sont juste une pratique au jour le jour pour 
toutes les sociétés, qui soient touchés", dit Nimesh Shah, 
associé du cabinet comptable Blick Rothenberg.  
    "Pour ce qui concerne l'utilisateur final de ces services, 
ce sera plus cher car il nous faudra intégrer, dans notre 
profession, de nouvelles données administratives et légales".    
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 
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