Les conflits d'intérêts peuvent-ils être « transparents » ?

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"La déclaration des conflits d'intérêts des médecins peut les rendre encore plus enclins à favoriser les intérêts auxquels ils sont liés, en vertu d'un principe de « permission morale » : ayant accompli leur devoir en signalant un conflit d'intérêts, ils estiment qu'ils peuvent légitimement s'y adonner."
"La déclaration des conflits d'intérêts des médecins peut les rendre encore plus enclins à favoriser les intérêts auxquels ils sont liés, en vertu d'un principe de « permission morale » : ayant accompli leur devoir en signalant un conflit d'intérêts, ils estiment qu'ils peuvent légitimement s'y adonner."

Politiques publiques. On peut s’interroger sur l’efficacité de la loi Bertrand de 2011, qui qui visait à prévenir les conflits d’intérêts des médecins, d’autant qu’il ne suffit pas de les rendre visibles pour les prévenir.

Il est des coïncidences qui semblent voulues, tant elles sont significatives. Début mars, la Cour des comptes dressait un bilan pour le moins mitigé de la « loi Bertrand » de 2011, qui visait à prévenir les conflits d’intérêts des médecins (« La prévention des conflits d’intérêts en matière d’expertise sanitaire », mars 2016).

On découvrait peu après qu’un pneumologue réputé avait témoigné devant une commission d’enquête sénatoriale sur le coût de la pollution de l’air. Cet expert était optimiste : le diesel serait moins polluant qu’on le croyait. Il était également modeste : il avait omis de signaler qu’il était rémunéré depuis de nombreuses années par une grande entreprise pétrolière.

On peut donc s’interroger sur l’efficacité de la loi Bertrand, qui a pour pierre angulaire la déclaration des conflits d’intérêts. L’idée de cette loi était la suivante. Supposons que les médecins soient tenus de rendre publics leurs liens avec l’industrie pharmaceutique. Leurs patients et les autorités sanitaires qu’ils conseillent seront alors capables d’apprécier leurs prescriptions et conseils à la lumière de leurs éventuels conflits d’intérêts. Afin d’éviter de perdre des patients ou de voir leurs avis ignorés par les autorités, les médecins éviteront donc spontanément les conflits d’intérêts.

« L’anxiété de l’insinuation » Les choses ne sont toutefois pas si simples. D’abord, il faudrait que l’information sur les liens entre médecins et laboratoires soit fiable, exhaustive et facile...

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