Les comptes bancaires gratuits de moins en moins la norme en France

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Début 2015, sur 140 établissements, 104 facturaient des frais de tenue des comptes, contre 95 l'année précédente, selon l'enquête annuelle de l'association de consommateurs CLCV. (Rawpixel/shutterstock.com)
Début 2015, sur 140 établissements, 104 facturaient des frais de tenue des comptes, contre 95 l'année précédente, selon l'enquête annuelle de l'association de consommateurs CLCV. (Rawpixel/shutterstock.com)

(AFP) - Longtemps la norme en France, la gratuité des comptes bancaires devient de plus en plus rare avec la généralisation des frais de tenue de compte, que deux grands réseaux nationaux, BNP Paribas et Société Générale, prévoient de facturer à leurs clients dès 2016.

BNP Paribas est en train d'annoncer par courrier à ses 6,9 millions de clients la mise en place de frais de tenue de compte de 2,50 euros par mois à partir du 1er janvier, une prestation que la banque était l'une des rares à ne pas facturer jusqu'à maintenant, comme l'a révélé le Parisien dimanche.

Pour sa part, Société Générale avait averti ses clients fin 2014 de l'entrée en vigueur en 2016 d'une facturation de 2 euros par mois pour la tenue de compte.

"Plus de 80% des banques facturent aujourd'hui des frais de tenue de compte", indique un banquier.

Début 2015, sur 140 établissements, 104 facturaient des frais de tenue des comptes, contre 95 l'année précédente, selon l'enquête annuelle de l'association de consommateurs CLCV.

"Cela fait un moment qu'on dénonce ce phénomène. Les banques essaient de faire passer les frais bancaires là où elles le peuvent, sur des opérations qui passent sous le radar comme les frais de tenue de compte", estime Mathieu Escot, responsable des études à l'UFC-Que Choisir.

Chez BNP Paribas, on indique que "ces frais correspondent à la comptabilisation des paiements et encaissements, à la surveillance des comptes, à la sécurisation des opérations et à la protection de données personnelles" mais aussi à la mise en place de nouveaux services.

"L'environnement législatif et les moyens développés pour contrer les risques de fraude pèsent sur le coût de facturation de ces prestations", précise-t-on au sein de la banque.

Une réduction (2 euros au lieu de 2,50 euros) est prévue pour les clients qui reçoivent leurs relevés de compte de manière dématérialisée, "soit plus d'un client sur deux", précise-t-on, et les moins de 26 ans, les clients les plus fragiles et ceux ayant souscrit au package de la banque seront exonérés.

"Dans la plupart des cas, ces frais ne sont pas facturés si vous prenez un package. Imposer ces frais, c'est aussi rendre plus intéressant la souscription des packages et sanctionner ceux qui refusent d'en souscrire", estime M. Escot.

- Faire jouer la concurrence -

Un peu plus tôt cette année, c'est le Crédit Mutuel qui lançait la mise en place de ces frais (2 euros par mois), dans ses sept fédérations à compter du 1er octobre, selon Les Echos.

Parmi les autres groupes bancaires mutualistes (BPCEet Crédit Agricole), la facturation de la tenue de compte varie en fonction des régions.

Par exemple, si la Caisse d'Epargne d'Ile-de-France ne fait pas payer ce service, la Caisse d'Epargne Alsace le facture 4,50 euros par trimestre.

La Banque postale, réputée l'une des meilleur marché, prélève 4,20 euros par an et prévoit de passer à 6,20 euros en 2016.

Enfin LCL, seul grand réseau national qui ne facture pas de frais de tenue de compte, réfléchirait à leur mise en place, selon Les Echos.

Depuis 2011, les banques doivent publier une liste des tarifs des dix opérations les plus courantes. Si cette transparence a permis une modération tarifaire, les associations de consommateurs ont pointé une forme d'inflation sur les frais de tenue de compte, qui ont du coup été ajoutés à cette liste en 2014.

"Les baisses tarifaires sur ces 10 opérations ont été dans un premier temps reportées sur les commissions d'interventions, et comme celles-ci ont été plafonnées, on observe un report sur les frais de tenue de compte", explique M. Escot.

"Ce n'est pas possible de refuser de payer, car c'est une évolution tarifaire. En revanche, ce qu'on peut conseiller aux consommateurs c'est de faire jouer la concurrence", poursuit-il.

Les banques en ligne, grâce à un modèle de fonctionnement moins coûteux que les banques de réseaux, ne facturent pas ce type de frais.

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