Les commerçants multiplient les promotions bien avant les soldes

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La fin d'année, marquée par les attentats et une météo douce, a été très difficile pour les commerces. Ils multiplient les ventes privées et autres offres promotionnelles, alors que les soldes doivent démarrer le 6 janvier.

Après une fin d'année calamiteuse, marquée par les attentats et une météo particulièrement douce, les commerçants ont donné le coup d'envoi des promotions pour faire revenir les clients. Vente privée à prix réduits de 30% ou 50% chez Promod, «ventes privilèges» à -50% jusqu'au 5 janvier chez Cotélac, ou jusqu'à -50% chez le Comptoir des cotonniers, -60% pour les membres du Club DPAM, de -30 à -50% chez Le Tanneur du 28 décembre au 5 janvier, ou encore de -40% sur tout le magasin ou -50% sur le 3e article chez Camaieu du 26 décembre au 5 janvier ... Certaines enseignes ont même démarré les promotions avant Noël, soit 15 jours avant la date d'ouverture officielle des soldes, le 6 janvier. Et ce, dans la foulée des vastes opérations promotionnelles de fin novembre (ex-«Black Friday»).

Il faut dire que la saison a été catastrophique. Les consommateurs n'ont pas eu le coeur à faire les boutiques après les attentats. Ils n'ont par ailleurs pas eu le besoin ou l'envie d'acheter des gros pulls et manteaux, les traditionnelles stars des ventes en cette période, en raison de températures dignes d'un mois d'avril depuis plusieurs semaines maintenant. La consommation d'habillement en France a ainsi reculé de -0,6% en septembre et de -1,2% en octobre, avant de s'accentuer en novembre (-4,7%). Daniel Wertel, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin (FFPAPF) évoque même une «annus horribilis», avec des ventes en baisse «de l'ordre de 20%» pour certains commerçants indépendants.

Résultat: les stocks d'invendus sont massifs, alors que les premières pièces de la nouvelle collection sont déjà arrivées. D'où la frénésie de promotions, particulièrement précoce cette année. «Ces opérations ont été plus nombreuses cette année, car le commerce était totalement bloqué. Les professionnels n'avaient d'autre choix pour faire revenir les clients», commente Daniel Wertel.

Selon un sondage Toluna pour LSA, 10,2% des Français indiquent avoir profité de ces rabais avant Noël. Les soldes officiels perdent donc de leur attrait. Seuls 75,4% des consommateurs ont cette année l'intention de faire les soldes, soit 2,4 points de moins que l'an dernier. Ils prévoient de dépenser en moyenne de 215,50 euros, en baisse de 4,9%.

Appels à une nouvelle réforme des soldes

Pour Yves Marin, expert consommation chez Kurt Salmon, le mauvais contexte de l'automne pourrait toutefois paradoxalement raviver l'intérêt, une fois les soldes officiellement commencés. «Il y a beaucoup de stocks, les rabais devraient être particulièrement importants, de l'ordre de -50 à -60% dès les premiers jours, et les Français pourraient en profiter pour débourser les sommes non dépensées cet automne», estime-t-il. La question est aussi de savoir si les températures vont se rafraîchir ou pas en janvier, car «c'est d'abord de ça dont dépendra le succès des soldes», ajoute-t-il.

Les commerçants restent, eux, plus dubitatifs sur un possible effet de rattrapage. «On ne peut vraiment rien prédire. Dans le commerce, l'adage veut que le chiffre qu'on n'a pas fait dans une saison, on ne le refait pas plus tard», note Daniel Wertel. La FFPAPF réclame une nouvelle réforme du système, déjà remanié à plusieurs reprises ces dernières années, estimant que les soldes arrivent trop tôt et durent trop longtemps. «Les soldes sont noyés au milieu d'une multitude de promotions, il faut réguler tout ça et redéfinir des périodes claires de destockage», estime le président, rappelant que cette période marque surtout des ventes à perte pour la majorité des commerçants.

(avec AFP)

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