Les combats s'intensifient à Sanaa, la capitale yéménite

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(Précisions, bilan des combats) SANAA, 19 septembre (Reuters) - Les combats se sont intensifiés vendredi à Sanaa, la capitale yéménite, où les rebelles chiites ont tiré des obus de mortier sur le siège de la télévision d'Etat. Des centaines d'habitants ont pris la fuite, ont précisé des responsables yéménites, et les émissions de la télévision ont été brièvement interrompues dans la matinée, avant de reprendre. Les insurgés, membres de la tribu des Houthis, sont entrés dans Sanaa jeudi soir et ont progressé en direction du centre en suivant la rue Thalathine, artère importante de l'ouest de la ville, ont précisé des habitants d'Al Chamlane, un quartier du nord-ouest. Les forces gouvernementales sont appuyées par des miliciens sunnites. Une source militaire a fait état de la mort de 70 Houthis dans les combats et des habitants ont rapporté avoir vu des dizaines de corps dans le nord et le nord-ouest de la ville. Les combats se sont rapprochés de la résidence du président Abed Rabbo Mansour Hadi. Les rebelles ont ouvert le feu sur la télévision d'Etat dès leur entrée dans la capitale jeudi soir et les bombardements se sont poursuivis vendredi matin. L'agence de presse Saba a annoncé la suspension pour 24 heures des vols au départ et à destination de Sanaa. Selon la chaîne Al Djazira, les rebelles ont attaqué un poste militaire situé à proximité de l'aéroport. Ils s'en sont également pris à un camp de l'armée au sud de la capitale, rapporte une source militaire. Les partisans du mouvement chiite faisaient depuis plusieurs semaines le blocus de l'aéroport de Sanaa et manifestaient devant certains ministères pour obtenir la démission du gouvernement et le rétablissement de subventions sur les carburants. Le président Abed Rabbo Mansour Hadi a proposé au début du mois une baisse de 30% des carburants et la formation d'un gouvernement d'union nationale dans lequel les Houthis seraient représentés, mais les rebelles ont rejeté son offre. Ils ont annoncé lundi leur retrait définitif des négociations en dénonçant une "intervention étrangère". Le mouvement, qui a pris les armes au tournant des années 2000 pour défendre les intérêts des chiites zaïdites, majoritaires dans les montagnes du nord-ouest du Yémen, a fait du prix des carburants sa principale revendication après la suppression des subventions publiques en juillet. Djamal Benomar, représentant spécial de l'Onu au Yémen, a rencontré mercredi Abdelmalek al Houthi, chef de la tribu, et a parlé d'un entretien "constructif et positif". (Mohamed Ghobari, Jean-Philippe Lefief, Tangi Salaün et Guy Kerivel pour le service français)

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