Les combats s'intensifient à Alep-Est

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    BEYROUTH, 18 novembre (Reuters) - Les rebelles syriens 
assiégés à Alep-Est ont subi vendredi de nouvelles vagues 
d'assaut des forces loyalistes qui cherchent à reprendre la 
grande ville du nord de la Syrie, où la population n'a quasiment 
plus ni vivres ni médicaments selon l'Onu. 
    "D'après mes informations, quasiment tous les entrepôts sont 
vides désormais et des dizaines de milliers de familles manquent 
de nourriture", a déclaré à Reuters Jan Egeland, conseiller pour 
les affaires humanitaires de l'émissaire de l'Onu pour la Syrie. 
"Le moment est très sombre, et il ne s'agit pas d'un tsunami, 
mais d'une catastrophe fabriquée par l'homme de A à Z." 
    Les combats se sont également intensifiés à Damas et dans 
les environs de la capitale syrienne. L'armée a pilonné la 
périphérie est, tenue par la rébellion, qui a tiré des roquettes 
sur le centre-ville contrôlé par le gouvernement.  
    A Alep-Est, où vivraient encore 250.000 civils, les 
bombardements ont repris mardi après une pause de plusieurs 
semaines. Ils ont fait 65 morts et des centaines de blessés 
d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui 
a également comptabilisé quatre morts dans les quartiers ouest 
contrôlés par le gouvernement.  
    Malgré leur puissance de feu, les forces loyalistes n'ont 
guère progressé dans les zones sous contrôle rebelle depuis le 
déclenchement de leur vaste offensive de reconquête en 
septembre. Les insurgés sont bien retranchés et se disent prêts 
à mener une guérilla urbaine.  
    Les combats de vendredi, les plus acharnés depuis le début 
de la semaine selon l'OSDH, se sont concentrés en bordure sud et 
est des quartiers rebelles. Les miliciens supplétifs du 
gouvernement sont mobilisés en grand nombre, observe-t-on dans 
les deux camps. 
    "Les milices arrivent en nombre dans les secteurs qu'elles 
cherchent à prendre d'assaut. Il y a de nouvelles lignes de 
front dans toute la Syrie en ce moment, et le régime et les 
milices concentrent leurs efforts sur Alep", déclare un 
responsable du Front du Levant, un groupe rebelle affilié à 
l'Armée syrienne libre.  
    Côté gouvernemental, on confirme la mobilisation des 
miliciens. Les pilonnages de ces derniers jours étaient un 
prélude à des opérations terrestres, dit un responsable. Selon 
un média contrôlé par le Hezbollah, milice chiite libanaise 
alliée à Damas, l'armée a progressé dans le nord-est d'Alep. 
    Les insurgés disent avoir repoussé les miliciens dans le 
quartier de Cheikh Saïd, en bordure sud d'Alep-Est.  
    Mohamed Abbouch, un habitant de la partie orientale, a dit à 
Reuters que deux membres de sa famille, un oncle de 45 ans et un 
cousin de 12 ans, avaient été tués dans un raid aérien vendredi 
matin. Cherchant une aide médicale pour d'autres proches blessés 
dans l'attaque, il n'a trouvé qu'un hôpital en ruines et un 
autre en flammes.  
    Le bombardement a totalement détruit l'appartement de quatre 
étages où il vivait avec sa famille dans le quartier de Tarik al 
Bab. Les survivants ont été répartis dans d'autres maisons du 
voisinage, mais aucun endroit n'est sûr.  
    "Toute la ville est bombardée", dit-il.  
    Dans la Ghouta orientale, région rebelle à l'est de Damas, 
un témoin a déclaré que les pilonnages n'avaient pas cessé 
depuis jeudi soir et qu'ils n'avaient plus atteint une telle 
intensité depuis un an.  
    Selon l'OSDH, ces raids ont fait au moins 22 morts dont dix 
enfants au cours des dernières 24 heures, un bilan qui devrait 
s'alourdir en raison de la gravité des blessures subies par des 
dizaines d'autres habitants.  
 
 (Tom Perry et Lisa Barrington, avec Tom Miles à Genève; 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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