Les combats entre insurgés et loyalistes font rage près de Damas

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LA BATAILLE POUR LE CONTRÔLE DE DAMAS
LA BATAILLE POUR LE CONTRÔLE DE DAMAS

par Erika Solomon

BEYROUTH (Reuters) - Les rebelles syriens ont encerclé mercredi une base aérienne proche de Damas, signe d'une intensification des combats autour de la capitale, au lendemain du feu vert de l'Otan au déploiement de missiles de défense Patriot en Turquie voisine.

Les insurgés disent avoir encerclé la base d'Aqraba, à environ quatre km de Damas, une semaine après l'intensification des combats dans la région. Ceci rapproche du siège du gouvernement Assad la bataille sur le terrain, qui se jouait jusqu'à présent surtout dans les zones rurales.

"Nous ne contrôlons toujours pas la base aérienne mais les combattants sont en train de l'étrangler. Nous espérons pouvoir la prendre dans les heures qui viennent", a déclaré Abou Nidal, porte-parole de la brigade rebelle Habib al Moustafa.

Des représentants de plusieurs groupes de l'opposition syrienne se sont réunis mercredi en Turquie dans l'espoir de resserrer les rangs et d'asseoir leur crédibilité afin d'obtenir une aide accrue des pays étrangers dans la lutte contre le président Bachar al Assad.

Cette rencontre secrète sur fond de rivalités et de division, à laquelle ont participé des représentants des groupes armés de l'opposition et des responsables de la nouvelle Coalition nationale, avait pour but de remanier les instances dirigeantes de l'opposition au régime de Damas, a-t-on précisé de source proche des discussions.

Les rebelles ont par ailleurs capturé une unité de soldats de l'armée de l'air, a ajouté Abou Nidal, en tuant et en emprisonnant des dizaines alors que d'autres se sont échappés.

Ces informations n'ont pu être vérifiées de manière indépendante, les médias étrangers ne pouvant accéder au pays.

Des combats se sont poursuivis également, pour le septième jour consécutif, aux abords de l'aéroport international de Damas.

MISSILES PATRIOT

Des raids aériens et l'artillerie pilonnent des positions rebelles dans la banlieue de la capitale depuis plus d'une semaine. Les insurgés considèrent qu'il s'agit du pire bombardement survenu dans la région.

Les forces loyalistes ont réussi à repousser les rebelles à neuf km de Damas, selon une source gouvernementale, ce que les rebelles n'ont ni nié ni confirmé.

"Il est évident que le gouvernement veut isoler la capitale, la ville a été construite ainsi, avec ses bases aériennes tout autour. Actuellement, nous nous concentrons sur certains points stratégiques que nous voulons prendre avant de tenter d'entrer dans la ville", a déclaré Abou Nidal par Skype.

L'arrivée des combats près de la capitale syrienne a poussé les compagnies aériennes étrangères à suspendre leurs vols et incité l'Onu et l'Union européenne à y réduire leur présence.

Cette réaction des pays occidentaux ajoute au sentiment que les combats se rapprochent, bien que ni forces loyalistes ni insurgés n'aient réalisé d'avancée significative.

Environ 160 personnes ont été tuées dans le pays mardi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), organisme basé à Londres et proche de l'opposition, qui précise que 58 de ces personnes ont été tuées dans la région de Damas.

COMBATS AU LIBAN

La violence en Syrie menace de déstabiliser les pays voisins, notamment le Liban, où des combats ont éclaté ces derniers jours entre sunnites et alaouites.

Mardi, l'Otan a accepté de déployer des batteries de missiles Patriot américains, allemands et néerlandais à la frontière syro-turque pour aider Ankara, membre de l'Otan hostile au président Bachar al Assad et qui accueille sur son sol des milliers de réfugiés syriens.

Cette décision va entraîner l'envoi de troupes américaines et européennes à la frontière syrienne pour la première fois depuis le début d'un conflit qui dure depuis mars 2011 et a fait quelque 40.000 morts.

Mercredi, Hillary Clinton a réitéré la mise en garde formulée par le président américain en début de semaine sur un possible recours aux armes chimiques - ce que dément Damas -, déclarant que cela équivaudrait à franchir la ligne rouge.

"Ceux qui en seraient responsables auraient à en rendre compte', a dit la secrétaire d'Etat américaine à Bruxelles, en marge d'une réunion de l'Otan.

Avec Justyna Pawlak à Bruxelles, Agathe Machecourt pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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