Les combats continuent à Kunduz, les forces spéciales US au sol

le , mis à jour à 14:10
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(Actualisé avec implication dans les combats de soldats des forces spéciales US) par Mirwais Harooni et Hamid Shalizi KABOUL, 30 septembre (Reuters) - De violents combats se sont poursuivis mercredi à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, entre les taliban qui se sont emparés de la ville il y a deux jours et les forces gouvernementales épaulées par des forces spéciales de la coalition sous commandement américain. La prise éclair de cette ville de 300.000 habitants proche de la frontière tadjike, chef-lieu de la province du même nom, est une victoire majeure pour les insurgés islamistes. Ils n'avaient jamais pris le contrôle d'une localité de cette taille depuis le renversement de leur régime, fin 2001. Selon Sayed Sarwar Hussaini, porte-parole du chef de la police de la ville, des troupes étrangères se sont portées à la rescousse des forces afghanes après minuit, sur terre et dans le ciel, ce qui a permis à l'armée gouvernementale de reprendre le contrôle du QG de la police. Les taliban ont été repoussés de plusieurs autres secteurs autour de l'aéroport et dans le centre. Un haut responsable afghan a indiqué qu'une centaine de soldats des forces spéciales américaines avaient combattu les taliban qui tentaient de prendre l'aéroport. L'information a été en partie confirmée par la coalition. "Des conseillers des forces spéciales de la coalition, tout en conseillant et en assistant des éléments des forces afghanes de sécurité, se sont heurtés à une menace insurgée dans les environs de l'aéroport de Kunduz vers 01h00 ce matin", a dit le colonel Brian Tribus, porte-parole de la coalition, qui a parlé d'autodéfense. C'est la première fois depuis la prise de la ville que des soldats étrangers participent directement aux combats. "Des centaines de taliban ont été tués et leurs cadavres sont dans les rues", a déclaré Hussaini par téléphone à Reuters. "A l'heure actuelle, une bataille nourrie se déroule à l'intérieur de la ville." MORAL EN BERNE Tôt mercredi matin, quelque 5.000 soldats afghans étaient massés à l'aéroport de Kunduz, selon un responsable des services de sécurité afghans. Mais un chef de l'administration locale a indiqué que le moral des troupes, après deux jours de combats sans répit, était affaibli. "Nous avons toujours suffisamment de troupes pour engager les taliban mais il n'y a malheureusement ni volonté, ni détermination à les combattre", a dit Mohammad Zahir Niazi, qui dirige l'arrondissement de Chardara. "Nous ne faisons que défendre." Des renforts sont attendus dans le secteur de Kunduz. Mais plusieurs centaines de soldats sont bloqués dans la province voisine de Baghlan, où les routes ont été coupées par les taliban. Dans un communiqué diffusé mardi soir, les services de renseignement afghans ont annoncé la mort de Mawlawi Salam, le chef des taliban dans la province de Kunduz, et de quinze autres insurgés dans une frappe aérienne près de l'aéroport. Côté taliban, un commandant a reconnu que l'attaque contre l'aéroport avait échoué. Mais il a ajouté que les insurgés tenaient toujours la ville. Dans un message adressé mardi, leur nouveau chef suprême, le mollah Akhtar Mansour, estime que le gouvernement afghan doit reconnaître sa défaite. "Ces conquêtes sont la conséquence du soutien d'Allah tout puissant et des sacrifices des moudjahidine", ajoute le successeur du mollah Omar. La chute de Kunduz soulève une nouvelle fois la question de la capacité des forces afghanes à tenir tête aux insurgés après le retrait des troupes combattantes étrangères. Ajoutant à la portée de sa prise, la ville du nord avait été fin 2001 la dernière grande ville reprise aux taliban par la coalition afghane soutenue par les Etats-Unis. (Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)

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