-Les Colombiens rejettent l'accord de paix avec les Farc

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    * Le "non" l'emporte avec 50,21% des voix 
    * La participation n'a été que de 37% 
    * Le président Santos annonce un maintien du cessez-le-feu 
    * Le chef des Farc assure que "la paix triomphera" 
    * L'opposition veut renégocier l'accord 
 
 (Actualisé avec précisions, résultats) 
    BOGOTA, 3 octobre (Reuters) - Les Colombiens ont rejeté 
dimanche l'accord de paix avec les Farc, plongeant le pays dans 
l'incertitude et infligeant une défaite majeure au président 
Juan Manuel Santos. 
    La victoire surprise du "non" douche les espoirs de la 
communauté internationale qui avait salué à l'unanimité, de la 
Maison blanche au Vatican, la fin de 52 années de conflit armé.  
    Le "non" l'emporte avec 50,21% des voix contre 49,78% pour 
le "oui", selon les derniers résultats, portant sur la totalité 
des bulletins. La participation n'a été que de 37%. Des pluies 
torrentielles se sont abattues sur le pays dimanche. 
    Le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de 
Colombie (Farc) se sont empressés d'assurer qu'ils 
continueraient à poursuivre la paix. 
    Le président colombien, Juan Manuel Santos, a reconnu sa 
défaite, tout en annonçant que le cessez-le-feu serait maintenu. 
Il rencontrera lundi les responsables politiques partisans du 
"non" et enverra à Cuba le chef des négociations pour discuter 
avec la direction des Farc. 
    Le chef des Farc, dit Timochenko, a lui aussi fait une 
annonce favorable à la poursuite du processus de paix depuis La 
Havane. 
    "Les Farc réitèrent leur disposition à n'utiliser que les 
mots comme armes pour construire le futur", a dit Rodrigo 
Londono, connu sous le nom de guerre de Timochenko. "Au peuple 
colombien qui rêve de paix (je dis), comptez sur nous, la paix 
triomphera", a-t-il poursuivi. 
    Les sondages donnaient le "oui" largement gagnant et le 
président Santos avait déclaré qu'une victoire du "non" 
signifierait une reprise du conflit. 
    Les opposants à l'accord signé lundi dernier à Carthagène 
par le président et le chef des Farc jugent le texte trop 
favorable aux rebelles.  
    En échange d'un dépôt des armes, l'accord prévoyait un 
retour à la vie civile des rebelles et leur aurait permis de 
former un parti politique et d'éviter des peines de prison. 
    "J'ai voté non. Je ne veux pas apprendre à mes enfants que 
tout peut être pardonné", rapporte Alejandro Jaramillo, un 
ingénieur de 35 ans qui fait partie de la majorité. 
     
    RENÉGOCIATION? 
    Les opposants à l'accord réclament sa renégociation, pour 
obliger les chefs rebelles à purger des peines de prison et les 
empêcher d'être représentés au Parlement colombien. 
    "C'est un message clair (...) Je demande à tous les citoyens 
de nous faire confiance pour savoir gérer la situation sans 
agitation. Nous allons travailler avec le gouvernement pour 
refaire cet accord", a déclaré l'ancien vice-président Francisco 
Santos, chef de file des partisans du "non". 
    Bien que le camp du "non" mette en valeur de nouvelles 
négociations, les Farc ont exclu de revenir à la table pour 
accepter d'être mis en prison. 
    Les régions encore en proie aux violences, notamment les 
provinces pauvres de la côte Pacifique et des Caraïbes, ont voté 
en majorité en faveur de l'accord. 
    L'intérieur du pays, pacifié sous la présidence d'Alvaro 
Uribe, qui rejetait l'accord de paix, a soutenu le "non" en 
majorité.  
    Les rangs des rebelles, décimés par les offensives 
militaires, ne comptaient plus que 7.000 personnes ces dernières 
années. L'accord leur aurait permis de se présenter aux 
élections présidentielles et législatives de 2018 et leur 
garantissait en outre 10 sièges au Parlement jusqu'en 2026.  
    Les Farc avaient promis en échange de déposer les armes, 
d'abandonner le trafic de la drogue et de participer au 
renouveau des régions rurales de Colombie. 
    En vertu du texte signé, nombre de chefs de la guérilla 
responsables de massacres, d'attentats à la bombe ou de 
déplacements de populations auraient comparu devant un tribunal 
spécial susceptible de prononcer des sanctions alternatives à 
leur encontre, comme des missions de déminage sur d'anciennes 
zones de guerre. 
    Près de 220.000 personnes ont été tuées pendant le conflit, 
et des millions de personnes ont été chassées de chez elles. 
    "L'Histoire se souviendra de ce jour comme du moment où la 
Colombie a tourné le dos à ce qui aurait pu mettre fin à une 
guerre qui a dévasté des millions de vies pendant plus de 50 
ans", estime la directrice pour l'Amérique du groupe Amnesty 
International, Erika Guevara-Rosas. 
 
 (Helen Murphy and Julia Symmes Cobb; Julie Carriat pour le 
service français) 
 
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