Les collectivités alsaciennes disent non à la fusion à trois

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LES COLLECTIVITÉS ALSACIENNES DISENT NON À LA FUSION À TROIS
LES COLLECTIVITÉS ALSACIENNES DISENT NON À LA FUSION À TROIS

STRASBOURG (Reuters) - Les élus du conseil régional d'Alsace et des deux départements alsaciens, Bas-Rhin et Haut-Rhin, ont affirmé lundi à une large majorité leur opposition au projet de fusion de leur région avec celles de Lorraine et de Champagne-Ardenne.

Les conseillers revendiquent dans leur motion, comme antidote à ce mariage à trois prévu par l'Assemblée nationale, une fusion de leurs collectivités en un "conseil d'Alsace" qui resterait autonome, à l'instar de la Bretagne et de la Corse.

"Une région Alsace-Lorraine-Champagne Ardenne, c'est pour nous totalement inacceptable", a dit en ouverture des débats au conseil régional, son président, l'UMP Philippe Richert.

"D'abord parce que nous n'avons pas grand-chose de commun avec Champagne-Ardenne et parce que son périmètre aurait un peu plus de deux fois la surface de la Belgique", a-t-il poursuivi. Il a également dénoncé l'inévitable déplacement du centre de gravité de cette grande région vers l'Ouest.

La réforme, qui continue de faire débat, prévoit une réduction de 22 à 13 ou 14 du nombre des régions et la fin des conseils généraux, sauf dans les départements ruraux.

La motion des élus alsaciens a été adoptée avec les voix de la droite et du centre, majoritaire au sein des trois collectivités, mais aussi des écologistes et de quelques élus du groupe socialiste et du Front national.

La majorité des élus socialistes se sont abstenus faute d'avoir obtenu le vote d'un amendement proposant la création d'une région Alsace-Lorraine comme alternative au mariage à trois.

UNE COLLECTIVITÉ TERRITORIALE UNIQUE

Cette proposition, qui figurait dans la première version du projet de loi gouvernemental sur la réforme territoriale, n'est plus d'actualité, a estimé Philippe Richert, qui l'avait soutenue avant qu'elle soit remise en cause par le vote en première lecture de l'Assemblée nationale, le 23 juillet.

Dans la perspective de la seconde lecture qui doit débuter cet automne au Sénat, les conseillers alsaciens demandent au gouvernement et au Parlement "d'abandonner" le projet de fusion des trois régions.

Ils leur demandent de "créer en Alsace, dès le prochain renouvellement des assemblées, une collectivité territoriale unique (...) dotée d'une capitale régionale : l'eurométropole de Strasbourg".

Les élus alsaciens ne ferment pas pour autant la porte à une évolution du périmètre régional en maintenant dans leur version du projet de loi la possibilité "d'ouvrir un droit d'option pour les départements limitrophes qui souhaiteraient, à terme, intégrer la nouvelle collectivité".

Une manifestation régionale est prévue, le 11 octobre, pour apporter son soutien au maintien de l'Alsace dans ses frontières actuelles et à la fusion de ses collectivités.

Le projet d'un "Conseil d'Alsace", soumis à référendum en avril 2013, avait recueilli 57,6% d'avis favorables mais n'avait pu être validé en raison d'un nombre insuffisant de votants. Une majorité d'électeurs s'y étaient opposés dans le Haut-Rhin.

(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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