Les cliniques privées vendent leurs murs 

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De plus en plus d'établissements de santé cèdent leurs murs pour financer leur développement. L'utilisation de l'immobilier comme levier de financement est devenu monnaie courante dans l'univers de la santé et de la dépendance.

S'allier à des groupes immobiliers pour financer leur croissance, c'est le pari de deux leaders de la santé et de la dépendance. Medi-Partenaires, troisième groupe de cliniques privées en France, va céder les murs de quatre de ses cliniques à Icade, pour 112 millions d'euros. Medi-Partenaires, qui avait déjà vendu en juillet les murs de 7 autres cliniques à Icade (filiale de la Caisse des dépôts), utilisera les fonds ainsi obtenus pour alléger sa dette, proche de 350 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 500 millions. Le groupe, qui compte 24 cliniques, prévoit surtout d'investir 120 millions en six mois pour acquérir de nouveaux établissements. Medi-Partenaires n'est pas le seul à vouloir profiter d'un marché encore très éclaté (la moitié des cliniques privées sont détenues par des médecins et vouées à disparaître ou à se regrouper).

Stratégie de croissance

Il y a des «opportunités d'acquisitions exceptionnelles, tant en France qu'à l'international, ainsi que des conditions de prix attractives », a expliqué hier le directeur général d'Orpea, Yves Le Masne. Le leader européen de la dépendance, qui gère près de 400 maisons de retraite et cliniques, lance une augmentation de capital de 203 millions d'euros, pour financer «sa croissance externe» en Espagne, Belgique, Italie et Suisse.

Orpea a également conclu un accord avec le groupe immobilier belge Cofinimmo. Les deux partenaires investiront 500 millions d'euros sur cinq ans dans des coentreprises détenues à 51 % par Cofinimmo et 49 % par Orpea. Ces dernières achèteront des établissements de santé ou de dépendance, qui seront exploités par Orpéa.

L'utilisation de l'immobilier comme levier de financement est devenu monnaie courante dans l'univers de la santé et de la dépendance. De Gecina à Foncières de murs, qui finance des maisons de retraite Korian, en passant par Icade Santé, nombre de groupes immobiliers y ont souscrit. Le mécanisme est simple. Les exploitants de cliniques ou de maisons de retraite vendent les murs de leurs établissements mais continuent à les exploiter en les louant. «Nous voulons nous inscrire dans la durée », explique Frédéric Dubois, président de Medi-Partenaires. Il a signé des contrats de douze ans renouvelables avec Icade Santé et envisage d'autres cessions. Mais il veut « conserver en propre près de la moitié de ses murs ». Un moyen de lever des fonds apprécié, alors que la situation des cliniques, et donc leur accès au financement, se tend.

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