«Les clients de la mode se sentent concernés par les problèmes de climat»

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COP21/INTERVIEW - Pierre Börjesson, responsable RSE en charge des questions Climat chez H&M, assure que les clients des enseignes de mode font de plus en plus attention aux problématiques de développement durable.

À la COP21, les grandes entreprises étaient au rendez-vous. Parmi les quelque 400 multinationales présentes au Bourget, 114 se sont engagées à se fixer des objectifs chiffrés de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. H&M fait partie des signataires de cet accord, paraphé dans le cadre de l'initiative «Science Based Targets» des Nations Unies en partenariat avec le WWF. Pierre Börjesson, responsable RSE en charge des questions Climat du groupe suédois, que le consommateur a aussi un rôle à jouer dans la lutte contre le dérèglement climatique.

LE FIGARO - Comment l'industrie textile peut-elle convaincre de sa crédibilité sur le sujet du climat, et notamment le groupe H&M, qui s'est construit sur le concept de la «fast fashion»?

Pierre Börjesson - L'industrie textile doit s'impliquer dans le développement durable, car elle est en relation directe avec le consommateur. Or, 25% de l'empreinte écologique de notre secteur est émise une fois que nos produits ont été vendus. Les clients des enseignes de mode se sentent de plus en plus concernés par les problématiques liées aux conditions de travail ou à l'environnement. Nous devons répondre à cette demande et apporter une meilleure offre. Pour nous, une meilleure offre signifie qu'elle s'inscrit dans une démarche de développement durable. H&M fait le pari de continuer à se développer, tout en réduisant ses émissions de C02. L'an dernier, nous avons réussi ce pari. Nos ventes ont bondi de 18%, et nos émissions ont baissé de 4%.

Comment comptez-vous impliquer le consommateur dans votre démarche?

H&M a lancé dans tous ses magasins dans le monde un programme de collecte de vieux vêtements pour sensibiliser ses clients au recyclage. Autre exemple, notre programme Clevercare a pour but d'informer les consommateurs via l'étiquetage de nos pièces textiles sur la meilleure façon d'entretenir et laver leurs vêtements afin de réduire leur empreinte écologique. Mais pour impliquer le consommateur, il faut aussi que nous engagions tous nos collaborateurs et toute la chaîne de valeur dans notre action.

Concrètement, de quelle manière le groupe H&M entend-il montrer l'exemple?

Nous avons mis en place de nombreuses actions en interne dans le cadre de notre stratégie «H&M Conscious». Il s'agit par exemple du choix d'un éclairage plus efficace dans nos magasins pour réduire notre consommation énergétique. Nous encourageons nos collaborateurs à bien éteindre la lumière lorsqu'ils quittent un bureau ou un espace de boutique. D'ici à 2020, notre objectif est d'utiliser 20% d'énergie en moins par mètre carré dans nos magasins, par rapport à 2007. H&M se fournit exclusivement en électricité issue des énergies renouvelables lorsque c'est possible. Les infrastructures et politiques ne le permettent pas facilement dans certains pays, comme la Chine ou le Chili. Enfin, nous utilisons depuis plusieurs années du coton biologique pour fabriquer nos produits. Ce matériau a un impact climatique 46% inférieur à celui du coton conventionnel, qui nécessite beaucoup d'eau et un large recours aux pesticides et engrais chimiques.

Ces actions ont un coût. Les consommateurs vont-ils finir par payer la facture?

Cette politique est un énorme investissement. Il faut investir dans nos magasins, payer plus cher pour acheter du coton organique ou pour s'éclairer avec des énergies renouvelables. Mais nous refusons de répercuter ce coût sur nos clients. Le développement durable ne doit pas être un luxe. Nous considérons que cet investissement fait partie de notre stratégie sur le long terme: apporter de la qualité aux consommateurs.

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