Les cinq erreurs de Vincent Labrune à la tête de l'OM

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Critiqué pour sa gestion de l'OM par Bernard Tapie, ce week-end dans les colonnes du Parisien, Vincent Labrune est de plus en plus contesté sur la Canebière. Depuis son arrivée à la présidence, les résultats ne sont pas au rendez-vous, conséquence de plusieurs erreurs de gestion.

Ecarter des prédécesseurs au bilan flatteur

Nommé président du conseil de surveillance de l’OM par Robert Louis-Dreyfus 2008, Vincent Labrune se brouille rapidement avec Pape Diouf, alors président d’un club qui vient de terminer trois fois de suite sur le podium de la Ligue 1. Alors que depuis son arrivée sur la Canebière en 2004, le Sénégalais avait réussi à s’attirer la sympathie des supporters en renouant le dialogue avec eux, Vincent Labrune s’oppose à cet autre tempérament bouillant et finit par demander sa tête à l’actionnaire. Un premier fait d’armes que beaucoup de supporters olympiens ne lui ont jamais pardonné. Pourtant la saison suivante, l’arrivée de Jean-Claude Dassier, que Labrune a bien connu lors de son passage à TF1, porte rapidement ses fruits. Dès la première saison de l’ère Dassier, les hommes de Didier Deschamps sont sacrés champions de France et remportent la Coupe de la Ligue. La saison suivante, seul le LOSC parvient à priver l’OM d’un nouveau doublé. Mais le patron du conseil de surveillance a des rêves de grandeur et de pouvoir, et parvient à convaincre la nouvelle actionnaire, Margarita Louis-Dreyfus, d’évincer Dassier à l’été 2011. Dès lors, Vincent Labrune devient le seul maître à bord. Depuis, Marseille n’a terminé qu’une seule fois sur le podium (2012-13), alors qu’il avait réussi cette performance sans discontinuer les cinq saisons précédentes…

Vendre un projet fantôme

En octobre 2013, avant un match de Ligue des Champions contre le Borussia Dortmund, Vincent Labrune explique dans les colonnes de L’Equipe que l’Olympique de Marseille doit s’inspirer du club de la Ruhr. « En trois ans, le Borussia est devenu l’une des meilleures équipes européennes. Ce qui a été réalisé sur une si courte période en termes de recrutement, d’entraînement, de management sportif et, surtout, d’expression collective est remarquable. C’est à ce titre que Dortmund est un modèle », lâche le président marseillais, qui nuance cependant son propos en mettant en avant le fait que le club allemand est propriétaire de son stade et génère donc des revenus autrement plus importants. Mais le mal est fait, et deux ans et demi après cette sortie médiatique, Vincent Labrune se voit régulièrement moqué avec son « projet Dortmund » qui consistait en l’achat de jeunes joueurs français prometteurs, dont la revente devait permettre à l’OM de se stabiliser durablement au plus haut niveau européen. Près de trois ans plus tard, Thauvin, Imbula, ou encore Rekik n’ont pas répondu aux attentes. Tout juste Lemina commence-t-il à s’imposer à la Juventus. L’espoir subsiste, avec les arrivées de Mendy, Nkoudou et Sarr. Mais leurs coups d’éclat restent trop rares.

Trop d’ingérence sur le marché des transferts

Issu du monde des médias et de la communication, Vincent Labrune n’a aucune formation de dirigeant sportif. Et c’est là que le bât blesse. Régulièrement en période de transferts, le président marseillais veut imposer ses idées en matière de recrutement. Son ingérence donne parfois l’impression qu’il est un directeur sportif déguisé. Et quatre ans après sa prise de fonction, force est de constater que le bilan est catastrophique au niveau du Mercato. Saison après saison, les meilleurs éléments de l’OM s’en vont (Payet, Mbia, Azpilicueta, Rémy, Valbuena) quand ils ne partent pas gratuitement (A.Ayew, Morel, Gignac). Dans le sens inverse, les coups gagnants sont rares ces dernières saisons, où seules les arrivées de Lassana Diarra et Michy Batshuayi peuvent être mises en exergue pour sauver le bilan de Vincent Labrune.

Se couper des supporters

Dès l’arrivée de ce dirigeant parisien à la tête du conseil de surveillance du club en 2008, les supporters marseillais se montrent sceptiques. Les années qui suivent finiront d’achever leur détestation pour Vincent Labrune avec les évictions successives de Pape Diouf et Jean-Claude Dassier, appréciés du Vélodrome. En 2013, après une défaite cinglante contre Lyon (4-1), les caméras immortalisent des images du président marseillais hilare en tribune présidentielle. Un comportement qui ne passe pas pour le public du Vélodrome, qui tance régulièrement son président. La défiance s’installe entre les deux camps, et récemment, son absence de dernière minute à une réunion au sujet de la reprise en main des abonnements dans les virages a fini de couper les liens entre les deux parties. Vendredi, lors du match contre Rennes, de nombreuses banderoles dans les gradins du Vélodrome ont demandé la démission de Vincent Labrune, accusé de tuer le club et de briser les rêves des supporters. Ce à quoi l’intéressé a répondu au micro d’Infosport+ qu’il avait l’impression que certains « pseudos supporters » tentaient de saboter l’arrivée d’un éventuel nouvel investisseur.

Ne pas retenir Bielsa

Pour réchauffer ses relations avec les supporters phocéens, Vincent Labrune pouvait compter sur Marcelo Bielsa. Adulé par le public du Vélodrome, l’Argentin a réussi à faire oublier pendant quelques mois les tensions avec la direction en proposant un jeu spectaculaire et en plaçant l’OM dans le haut du classement pendant de longs mois. Mais en fin de saison, les controverses autour de la prolongation de contrat d’El Loco ont jeté un froid, et sa démission surprise après la défaite contre Caen lors de la première journée de championnat a fait entrer les supporters de l’OM dans une colère noire. Au cours d’une conférence de presse surréaliste, Marcelo Bielsa avait notamment expliqué que la direction du club olympien avait tenté de changer les termes de son nouveau contrat. Une version contredite par Vincent Labrune. « Nous avions trouvé un accord sans faille, et clairement, il n’y avait plus rien à revoir. Puis le club, à travers deux personnes, m’a communiqué qu’il voulait changer », avait déclaré le président marseillais en conférence de presse trois jours après. Depuis, le successeur de l’Argentin, Michel, a été pris en grippe par le public, qui scande régulièrement le nom de Bielsa, tel un énième pied de nez à sa direction.

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