Les chrétiens du nord de l'Irak fuient les djihadistes

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* L'Etat islamique étend ses gains dans le Nord irakien * Fuite des habitants de la plus grande ville chrétienne * Certains Yazidis sauvés, beaucoup sont en danger, dit l'Onu (Actualisé avec fuite chrétiens, communiqué EI, PKK, pape, attentats, précisions) ERBIL, Irak, 7 août (Reuters) - Des milliers de chrétiens irakiens fuient devant la progression des djihadistes de l'Etat islamique (EI), qui se sont emparés jeudi de trois localités supplémentaires dans le nord de l'Irak et ont renforcé leur présence près de la région kurde. Les combattants de l'organisation sunnite, qui a proclamé un califat dans les zones qu'elle contrôle en Syrie et en Irak, se sont rendus maîtres des villes de Makhmour, Tel Kaif, peuplée en majorité de chrétiens, et Al Kouair, selon des témoins. Des habitants de Karakoch (Bakhdida), principale ville chrétienne du pays située au sud-est de Mossoul, se sont enfuis avant l'arrivée des djihadistes, de peur que les activistes ne leur posent le même ultimatum qu'aux chrétiens de Mossoul - se convertir à l'islam ou payer l'impôt des non-musulmans. A Rome, le pape François a appelé les dirigeants des grandes puissances à aider à mettre fin au conflit. Au total, depuis le début de son offensive débutée le week-end dernier, l'EI annonce sur son compte Twitter avoir pris 15 villes, le barrage stratégique de Mossoul sur le Tigre et une base militaire. Des responsables kurdes déclarent de leur côté toujours contrôler le barrage, situé dans le Kurdistan Irakien, dans le nord du pays. Deux témoins ont dit à Reuters par téléphone avoir vu sur le barrage le drapeau noir du groupe islamiste. Les djihadistes de l'État islamique, considérés comme plus extrémistes que ceux des groupes affiliés à Al Qaïda, ont infligé une importante défaite aux forces kurdes dans leur avancée. Des dizaines de milliers de membres de la minorité des Yazidis, Kurdes adeptes d'une religion dérivée du zoroastrisme que les djihadistes sunnites considèrent comme des infidèles, ont été obligés de fuir la ville de Sinjar et de se réfugier dans les montagnes environnantes. 200.000 PERSONNES ONT FUI, SELON L'ONU Des affrontements se sont déroulés mercredi entre les combattants sunnites et les peshmerga dans la ville de Makhmour, près d'Erbil, capitale de la région semi-autonome du Kurdistan irakien. Des responsables kurdes ont déclaré aux médias locaux que les forces kurdes conservaient le contrôle de cette localité et la télévision a diffusé des images de peshmerga circulant en voiture dans les rues. Un porte-parole du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé que des combattants de l'organisation turque qui a mené pendant près de 30 ans une guérilla contre les autorités turques, étaient arrivés à Makhmour où se trouvent des milliers de ses sympathisants expulsés de Turquie dans les années 1990. L'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires a annoncé que plusieurs milliers de personnes qui se trouvaient encerclées dans le djebel Sinjar à l'ouest de Mossoul ont pu être secourues au cours des dernières 24 heures. "Nous venons juste de recevoir l'information à l'instant", a annoncé David Swanson, porte-parole de l'organisation, joint par téléphone. "On nous a annoncé que des personnes ont pu être évacuées au cours des dernières 24 heures et l'Onu mobilise ses ressources pour s'assurer que ces personnes bénéficient d'une assistance à leur arrivée", a-t-il dit. Environ 200.000 personnes ont fui les combats dans cette région au cours des derniers jours, a ajouté David Swanson qualifiant la situation de "tragédie aux proportions immenses". Nombre de déplacés font face à une pénurie d'eau, de denrées alimentaires, d'abris et de médicaments, a-t-il poursuivi. Beaucoup d'enfants qui se trouvent dans les montagnes souffrent de déshydratation et une quarantaine d'entre eux sont morts, selon un porte-parole de l'Unicef. Des violences ont également agité le reste du pays jeudi. Un attentat à la voiture piégée a fait au moins 14 morts dans un quartier chiite de Bagdad. Deux autres dans la ville pétrolière de Kirkouk, ont tué au moins 11 personnes. (Avec Michael Georgy, Tom Miles,; Pierre Sérisier et Agathe Macehcourt pour le service français)

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