Les Chinois plus sensibles aux châteaux bordelais qu'à leurs vignes

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Avec plus de 100 propriétaires, les Chinois sont désormais les étrangers les plus présents dans le Bordelais. Mais ils misent souvent plus sur un beau château que sur un bon vin et l'exportation vers la Chine est de plus en plus dure.

Cette fois-ci, les Chinois ont dépassé les Belges. Alors que la première acquisition par des capitaux chinois d'un vignoble bordelais ne remonte qu'à l'été 2008, les ressortissants de l'empire du Milieu sont désormais plus de 100 à avoir investi dans les vignes françaises. Ils deviennent ainsi les propriétaires étrangers les plus présents dans le Bordelais devant les Belges, même s'ils pèsent à peine 1,5 % des quelque 7.000 exploitations viticoles de la région.

Si l'engouement des Chinois pour le Bordeaux ne se dément pas, les affaires sont de plus en plus dures pour ces néo-vignerons. Car si quelques transactions prestigieuses ont marqué les esprits, comme la vente de château Bellefont-Belcier à Saint-Émilion, la cession des anciennes propriétés Thienpont à Margaux ou celles en Pomerol revendues par l'½nologue Michel Rolland, le gros des achats se font dans des appellations à plus faible notoriété.

Ces domaines disposant simplement de l'appellation «Bordeaux» se négocient entre 15 et 20.000 euros l'hectare, loin des terroirs prestigieux de Pauillac (deux millions d'euros), Saint-Julien (un million d'euros) ou Saint-Emilion (200.000 euros). D'ailleurs, bon nombre d'investisseurs chinois découvrant le monde du vin, sont guidés dans leurs achats plus par l'architecture du château du domaine que par la qualité de son vignoble. Tour, donjon ou jardin à la française sont particulièrement appréciés notamment pour les acheteurs ayant un projet touristique.

5 à 15 millions d'euros

Mais ce beau décor ne suffit plus désormais pour vendre la production en Chine. Bon nombre d'investisseurs misaient 5 à 15 millions d'euros, souvent en achetant plusieurs propriétés, et comptaient produire beaucoup de volume expédié en intégralité sur le marché chinois. Et au passage, ils assuraient eux-mêmes la distribution pour s'assurer de confortables marges.

Si le marché chinois possède le potentiel de croissance pour bientôt devenir leader mondial de consommation de vin, l'export des vins de Bordeaux, après des années de croissance exponentielle, connaît aujourd'hui un tassement qui touche l'ensemble des producteurs. Entre concurrence des autres pays exportateurs de vin et consolidation des réseaux de distribution, les temps se font plus durs. Même si les experts ne croient pas encore à la revente des châteaux sous pavillon chinois, il prédisent des réveils douloureux pour certains investisseurs qui n'ont pas assez misé sur la qualité de leur vin.

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