Les chiffres de l'emploi américain en novembre pourraient créer une bonne surprise

le
0
Le taux de chômage américain devrait rester à 4,9% en novembre, proche du plein emploi, selon les analystes ( AFP/Archives / Andrew Caballero-Reynolds )
Le taux de chômage américain devrait rester à 4,9% en novembre, proche du plein emploi, selon les analystes ( AFP/Archives / Andrew Caballero-Reynolds )

Le gouvernement américain publie vendredi les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis pour novembre qui pourraient se révéler meilleurs que prévu après la levée des incertitudes liées à la longue campagne pour l'élection présidentielle.

Les analystes s'attendent à ce que la première économie mondiale ait créé 180.000 emplois le mois dernier, davantage qu'en octobre (161.000), tandis que le taux de chômage devrait rester à 4,9%, proche du plein emploi.

Mais l'enquête mensuelle ADP publiée mercredi, qui porte sur le secteur privé seul, a largement dépassé les prévisions. Le nombre d'embauches dans le secteur privé s'est établi à 216.000 en novembre alors que les analystes tablaient sur 160.000 créations de postes.

Pour Mark Zandi, l'économiste en chef de Moody's Analytics qui compile cette enquête pour la firme de services informatiques aux entreprises ADP, "les entreprises ont embauché intensément en novembre et il y a peu de signes que l'incertitude autour de l'élection présidentielle (du 8 novembre) ait freiné les embauches".

L'approche des ventes de fin d'année a aussi sans doute porté les entreprises à recruter à l'avance des travailleurs saisonniers afin d'éviter de faire face à un "resserrement" du marché du travail, a souligné cet économiste.

Comme le relève, Ian Shepherdson, de Pantheon Macroeconomis, l'enquête d'ADP ne présage pas toujours de la tendance exacte du marché de l'emploi comme l'évaluent les deux enquêtes du ministère du travail qui seront publiées vendredi. L'une est basée sur les ménages et rend compte du chômage, l'autre interroge les entreprises et divulgue les embauches.

L'approche des ventes de fin d'année a sans doute porté les entreprises à recruter à l&
L'approche des ventes de fin d'année a sans doute porté les entreprises à recruter à l'avance des travailleurs saisonniers ( AFP/Archives / KENA BETANCUR )

Mais vu l'optimisme de l'enquête d'ADP cette fois-ci, l'économiste a décidé de relever sa prévision de créations d'emplois à 225.000. Ce serait la plus forte performance depuis juillet.

"Des éléments saisonniers favorables vont sans doute expliquer l'accroissement des créations d'emplois", ajoute l'expert.

-Dernier rapport avant une décision de la Fed-

L'accélération de la croissance du Produit intérieur brut (PIB) au 3e trimestre à 3,2% qui pourrait garder de l'allant au 4e se reflète aussi dans les embauches des entreprises. La Fed d'Atlanta mise sur une expansion de 2,4% d'octobre à décembre.

Autre signe notable dans le secteur privé, ce sont les grandes entreprises qui sont revenues en tête des embauches ce mois-ci, un signe de confiance dans l'économie.

Ce rapport sur l'emploi est d'autant plus important que c'est le dernier avant la réunion cruciale de la Réserve fédérale (Fed) des 13 et 14 décembre.

De bons chiffres "vont de toute évidence cimenter une hausse des taux d'intérêt" comme le croient fermement les marchés, affirme Joel Naroff, économiste indépendant.

La Fed n'a pas relevé les taux depuis un an, où elle les avaient rehaussé d'un quart de point de pourcentage après sept ans de politique monétaire à taux zéro. Elle a fait preuve d'une grande patience devant le ralentissement de la croissance chinoise, les remous du Brexit, les bas prix pétroliers qui ont contenu l'inflation et bien sûr les élections présidentielles.

Janet Yellen, présidente de la banque centrale américaine
Janet Yellen, présidente de la banque centrale américaine ( AFP/Archives / JIM WATSON )

"Même Janet Yellen, la présidente de la Fed, ne pourra pas trouver un prétexte pour ne pas relever les taux si on a des chiffres de l'emploi décents, et encore moins s'ils sont costauds", affirme encore M. Naroff, économiste indépendant. Il anticipe une vive réaction des marchés des actions et des obligations si le rapport est très solide.

Car comme l'a affirmé mercredi une responsable de la Fed, Loretta Mester, partisane depuis plusieurs mois de relever le coût du crédit, "si on attend trop longtemps et que le marché du travail devient trop étroit, les tensions sur les prix vont devenir trop fortes". Il faudra alors que la banque centrale "relève les taux plus rapidement ce qui pourrait entraîner une récession".

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant