Les chefs d'entreprise européens partagés sur le QE de la BCE

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par Tim Hepher et Georgina Prodhan DUBLIN/FRANCFORT/PARIS, 22 janvier (Reuters) - Le monde des affaires est partagé sur le programme de rachat de dette annoncé jeudi par la Banque centrale européenne, certains dirigeants saluant un coup de pouce à la croissance quand d'autres, notamment en Allemagne, craignent qu'il ne retarde des réformes économiques impopulaires. Malgré des réserves de la Bundesbank et de Berlin, la BCE a dévoilé jeudi son plan d'assouplissement quantitatif (quantitative easing ou QE) attendu avec impatience par les marchés financiers et qui comprendra l'achat d'obligations souveraines, avec l'intention de relancer l'inflation et le crédit pour soutenir l'activité. ID:nL6N0V14KS En réaction, l'euro a touché de nouveaux plus bas tout comme les rendements obligataires de plusieurs pays de la zone euro, et les marchés boursiers ont fini en nette hausse. ID:nL6N0V14IA "C'est un pas dans la bonne direction et on va voir ce que cela donne", a déclaré à Reuters Joe Jimenez, le patron du groupe pharmaceutique suisse Novartis NOVN.VX . "C'est un pas de plus qui pourrait aider l'Europe à sortir de la stagnation, comme cela a été le cas aux Etats-Unis. Ca a marché aux Etats-Unis et je crois que ça peut marcher ici aussi." Invité au Forum économique mondial de Davos, le PDG de Renault-Nissan RENA.PA 7201.T Carlos Ghosn a relevé sa prévision de croissance du marché automobile européen cette année, prévoyant désormais une hausse de 2% ou plus alors que lundi encore le groupe anticipait une croissance de 1 à 2%. ID:nFWN0V1049 Rémy Cointreau RCOP.PA , qui publiait jeudi son chiffre d'affaires trimestriel, a également salué une décision positive en notant son impact sur la parité euro/dollar. "Toute mesure pouvant contribuer à raviver l'inflation (...) est positive pour Rémy Cointreau", a dit une porte-parole du groupe français de spiritueux. "L'appréciation du dollar face à l'euro est aussi un bon levier pour la rentabilité du groupe car plus de 60% de nos ventes sont en dollars US ou en devises liées au dollar, alors que la plupart des coûts de production sont en euros." Rupert Stadler, le président d'Audi (groupe Volkswagen VOWG_p.DE ), s'est félicité de la baisse de l'euro qui rendra les investissements aux Etats-Unis moins chers et les voitures allemandes plus compétitives. "Il y a beaucoup d'opportunités de croissance pour nous aux Etats-Unis et, avec le taux de change euro/dollar tel qu'il est en ce moment, c'est un peu plus facile", a-t-il dit lors d'une interview à CNBC à Davos. CRITIQUES EN ALLEMAGNE Son point de vue paraît cependant isolé en Allemagne où les milieux d'affaires sont largement derrière la chancelière Angela Merkel qui a rappelé jeudi la nécessité pour les gouvernements européens de poursuivre les réformes. "Quoi que fasse la BCE, cela ne doit pas éclipser le fait que les véritables soutiens à la croissance doivent provenir des conditions créées par les responsables politiques", a-t-elle dit à Davos. Ulrich Grillo, président de la Fédération de l'industrie allemande (BDI) lui a fait écho en affirmant que la politique monétaire ne pouvait être un "substitut" pour des réformes structurelles qui "seules peuvent durablement renforcer la compétitivité." Georg Fahrenschon, président de l'Association des caisses d'épargne, a estimé que la BCE avait pratiquement épuisé ses munitions et n'avait d'autre choix que de lancer le QE pour répondre aux attentes des marchés qu'elle avait elle-même suscitées. "Aujourd'hui, l'Europe ne représente plus qu'une petite partie de la croissance mondiale", a-t-il déclaré dans un communiqué. "Si on ne parvient pas à redresser sa compétitivité, le continent entier risque d'être économiquement exsangue." Aengus Kelly, directeur général du loueur d'avions AerCap AER.N à Amsterdam, craint de son côté que l'argent facile pousse certaines entreprises à prendre des risques inconsidérés et en incite d'autres, en difficulté, à se passer d'efforts de restructuration. "Quand l'argent coule à flots, des gens sont tentés de prendre des risques qu'ils ne devraient pas prendre", a-t-il dit à Reuters. "Je pense que ce serait beaucoup mieux si (...) l'Europe s'attaquait enfin à la réforme de son marché du travail". (Avec les contributions de Conor Humphries, Jonathan Gould, Ben Hirschler et Gilles Guillaume, Véronique Tison pour le service français)


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  • M7097610 le vendredi 23 jan 2015 à 00:21

    la monnaie de singe annonce la ruine des épargnants et des retraités.