Les charges d'exploration de Total ont pesé au 3e trimestre

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LE 3E TRIMESTRE DE TOTAL PÉNALISÉ PAR LES CHARGES D'EXPLORATION
LE 3E TRIMESTRE DE TOTAL PÉNALISÉ PAR LES CHARGES D'EXPLORATION

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Total a publié jeudi des résultats en baisse au troisième trimestre, pénalisé notamment par des charges d'exploration en hausse, mais le groupe a vu sa production croître de 1%.

La deuxième compagnie pétrolière européenne a par ailleurs annoncé sa décision de lancer le développement du projet minier de sables bitumineux de Fort Hills, au Canada, dont elle détient 39,2% et dont les coûts de développement pour les quatre années à venir sont estimés à environ 13,5 milliards de dollars canadiens (9,5 milliards d'euros).

Total a enregistré un bénéfice net ajusté de 2,7 milliards d'euros (-19%) au troisième trimestre pour un chiffre d'affaires de 46,7 milliards (-6%), tandis que son bénéfice net part du groupe a été de 2,8 milliards (-10%).

Le groupe, qui a lancé d'ambitieux programmes de recherche de nouvelles réserves ces dernières années, a vu ses charges d'exploration s'alourdir de 400 millions de dollars au trimestre dernier par rapport au troisième trimestre 2012.

"On va continuer ces efforts d'exploration jusqu'à la fin de 2013 et tout au long de 2014 (...), on n'a pas encore trouvé le champ géant qu'on cherche, il faut le reconnaître", a souligné lors d'une conférence téléphonique le directeur financier de Total, Patrick de La Chevardière.

La production d'hydrocarbures du groupe a atteint 2,299 millions de barils équivalent pétrole par jour au troisième trimestre, et Patrick de La Chevardière a déclaré qu'elle devrait progresser sur l'ensemble de 2013, sans toutefois quantifier la hausse attendue.

"AU PAS DU MARCHÉ"

Total prévoit de payer un acompte sur dividende relatif au troisième trimestre de 0,59 euro par action, stable par rapport à celui du troisième trimestre 2012 alors que certains analystes attendaient une hausse.

"Ce n'est pas parce qu'il y a de l'attente qu'on va forcément se mettre au pas du marché (...) On a un ratio dividende sur résultats de 50%, ce qui est exactement en ligne avec la politique qu'on a toujours annoncée", a déclaré le directeur financier.

"On a des fondamentaux qui sont bons et on a de la place pour augmenter dans le futur le dividende", a toutefois ajouté Patrick de La Chevardière.

Total a également confirmé qu'il devrait atteindre dès la fin de 2013 la limite basse de son programme de 15 à 20 milliards de dollars de ventes d'actifs sur la période 2012-2014, et que ses dépenses d'investissement commenceraient à baisser en 2014.

Le groupe avait précisé en septembre qu'il visait 24 à 25 milliards de dollars d'investissements organiques par an en moyenne sur la période 2015-2017 et que cette baisse coïnciderait avec une phase de croissance de sa production et de son flux de trésorerie disponible.

A la Bourse de Paris, l'action Total perd 0,8% à 15h40, alors que l'indice Stoxx 600 européen du pétrole et du gaz abandonne 0,4%.

MOINS DE DÉPENSES, PLUS DE DIVIDENDES

Après des performances boursières décevantes depuis un an, plusieurs autres grands noms du secteur ont profité de la publication de leurs résultats pour mettre en avant leurs efforts en matière de maîtrise des coûts, certains allant jusqu'à annoncer des cessions d'actifs susceptibles de financer des rachats d'actions ou un relèvement du dividende.

"En ce moment, le marché aime les compagnies pétrolières qui réduisent leur dépenses et payent de gros dividendes", résume Malcom Graham-Wood, analyste de VSA Capital.

BP a ainsi annoncé mardi un relèvement de son dividende, une réduction de son programme d'investissements et des cessions d'actifs de 10 milliards de dollars sur les deux prochaines années.

De son côté, Royal Dutch Shell a lancé un plan de rachats d'actions de cinq milliards de dollars et aura distribué cette année 11 milliards de dividendes.

Son directeur financier Simon Henry a toutefois mis en garde contre une gestion à court terme, expliquant que "la réduction des investissements est l'une des raisons pour lesquelles on a aujourd'hui un pétrole à 110 dollars" le baril.

La réduction des investissements des grands groupes pétroliers pourrait aussi pénaliser les spécialistes des services et équipements pour le secteur, même si le français Technip a minimisé ce risque jeudi.

"Il y a eu un effort assez fort des 'majors' pour plus de discipline sur leurs capex mais, cela dit, je pense que cette discipline va s'exercer en particulier dans les investissements (dans l'aval), et que ça reste encore très positif pour les investissements d'exploration-production", a dit Thierry Pilenko, son PDG.

Exxon a quant à lui fait état d'une hausse de sa production au troisième trimestre - la première depuis plus de deux ans - après 33 milliards de dollars d'investissements en neuf mois.

Avec Andrew Callus et Anna Driver à Londres et Houston, édité par Marc Angrand et Dominique Rodriguez

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  • jean4178 le jeudi 31 oct 2013 à 16:59

    Plus il faut creuser profond, plus ça va coûter cher... d'où des résultats moindre dans le futur.