Les Chabaab annoncent l'exécution de l'otage français

le
1

MOGADICIO (Reuters) - Les rebelles somaliens de la milice Al Chabaab ont annoncé jeudi avoir exécuté la veille l'otage français Denis Allex, cinq jours après une tentative manquée d'exfiltration par la France de l'agent des services de renseignements de la DGSE.

La milice, liée à la nébuleuse Al Qaïda, précise sur son compte twitter que l'exécution a eu lieu mercredi à 16h30 GMT.

Les autorités françaises estiment que l'otage, qui était détenu en Somalie depuis 2009, est mort lors de la tentative de sauvetage.

Les Chabaab avaient indiqué mercredi que la décision d'exécuter Denis Allex avait été prise à l'unanimité et faisait suite à trois années de "tentatives poussées de négociations".

"Que les musulmans se réjouissent de cette exécution et que les Français pleurent", a déclaré par téléphone à Reuters le porte-parole des Chabaab, Cheikh Abdiasis Abou Mousab.

Un commando de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) est intervenu dans la nuit de vendredi à samedi en Somalie pour tenter de libérer Denis Allex. Deux soldats français sont morts dans cette opération.

L'opération a coïncidé avec le lancement de l'intervention militaire au Mali pour repousser les rebelles affiliés à Al Qaïda vers le nord. Le gouvernement français a démenti tout lien entre les deux opérations.

Le chef d'état-major des armées françaises, Edouard Guillaud, a déclaré mercredi que la France pensait que son agent était mort.

"Nous n'avons aucun élément depuis le raid de vendredi soir sur le fait que Denis Allex (...) soit vivant ; nous pensons qu'il est vraisemblablement mort", a-t-il dit.

"Nous soupçonnons les Chabaab somaliens de pratiquer la manipulation médiatique", a-t-il ajouté.

MISSION D'ASSISTANCE

Denis Allex avait été enlevé en juillet 2009 à Mogadiscio avec un de ses collègues de la DGSE, Marc Aubrière, alors qu'il effectuait une mission officielle d'assistance auprès du gouvernement fédéral de transition. Marc Aubrière avait pu s'échapper un mois plus tard.

Depuis, Denis Allex était détenu dans des conditions qualifiées de très éprouvantes par la France.

Une vidéo diffusée en octobre par SITE, un réseau américain de surveillance des sites islamistes, le montrait s'adressant à François Hollande. "Monsieur le président, je suis toujours en vie mais jusqu'à quand ? Cela dépendra de vous", avait-il dit.

Après son enlèvement, les militants Al Chabaab ont publié une série de demandes, notamment pour que la France stoppe son soutien au gouvernement somalien.

"Les efforts ont été constamment entravés et la DGSE s'est révélée déraisonnablement apathique et volontairement peu coopérative", ont dit les rebelles.

Les militants d'Al Chabaab veulent imposer dans le pays une version stricte de la charia, la loi islamique, même s'ils ont perdu une grande partie du territoire dans le sud et le centre face à l'offensive des troupes de l'Amisom, la force de l'Union africaine en Somalie.

Le groupe, qui a officiellement fusionné avec Al Qaïda en février 2012, est connu pour pratiquer des décapitations et des amputations et a interdit la musique et le football dans les zones passées sous son contrôle.

Richard Lough, Pascal Liétout pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • nono67 le jeudi 17 jan 2013 à 10:39

    Cest dingue le relais que trouve les terroristes encagoulés dans la presse. Ça fait 3 jours quils annoncent lexécution de lotage et que ce message, bien sur totalementt invérifiable, est repris par les agences de presse