Les centres commerciaux chassent la nouveauté pour séduire les clients

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Face à la concurrence d’Internet, les centres misent sur une multiplication des services proposés aux consommateurs et des surfaces plus grandes.

Contraction de retail et d’entertainment qui donne le mot retailment, autrement dit de commerces et de loisirs, le centre commercial entre dans une nouvelle ère, peuvent constater les visiteurs du Mapic qui se déroule du 19 au 21 novembre au Palais des festivals, à Cannes.

«La première raison d’aller dans un centre de shopping est son offre. Il nous faut innover car Internet est le plus grand centre commercial du monde, ouvert 24 heures sur 24. Pour cela, nous avons une équipe dédiée de «chasseurs d’enseignes» qui fait en permanence le tour du monde à la recherche de la nouveauté et de l’exclusivité», explique Jean-Marie Tritant, directeur des opérations chez Unibail-Rodamco.

Pour se distinguer parmi les multiples enseignes, certaines misent sur des surfaces plus grandes de 2200 m2 contre 1200 m2. D’autres osent le jeu des façades iconiques comme les visiteurs peuvent les voir au centre Aéroville.

Navettes électriques et spectacles

Des centres accueillent de nouvelles enseignes haut de gamme comme Bose ou Lacoste. Mais le vrai luxe n’a pas encore frappé à la porte comme à Londres ou à Istanbul.

Et les marques haut de gamme ne correspondent pas toujours aux besoins des clients. «En temps de crise, les consommateurs ont besoin d’être rassurés sur leurs dépenses. Il faut donc proposer une offre d’enseignes à la fois plus large et présentant un bon rapport qualité-prix», constate Laurent Morel, président du directoire de Klépierre.

Il faut également ne pas banaliser l’acte d’achat, clament en chœur les professionnels. Il est indispensable d’accompagner le client et de valoriser son acte d’achat. Il est aussi recommandé d’être généreux. «La générosité, c’est tout faire pour que les clients de la périphérie se sentent bien, explique Philippe Journo, président de la Compagnie de Phalsbourg. C’est leur rendre la vie plus facile avec des navettes électriques, des jeux pour les enfants, des spectacles aquatiques, un lounge VIP, un parking gratuit, des espaces de qualité, tout en proposant une offre commerciale faite du meilleur de la rue commerçante et du meilleur du retail park. Ce que nous appelons les Open Sky Shopping Centers.»

Depetro: «Favoriser les innovations»

Nathalie Depetro est directrice du Mapic (marché international professionnel de l’implantation commerciale et de la distribution), premier salon international dédié à l’immobilier commercial.

LE FIGARO. - Le Mapic fête ses 20 ans. Quel est son bilan?

Nathalie DEPETRO. - Le Mapic est devenu une plate-forme incontournable des décideurs de l’immobilier commercial et de la distribution. Nous accueillons cette année 8400 participants, 2400 représentants d’enseignes, 330 sociétés d’investissement, 90 villes et collectivités locales, 70 pays. Cette manifestation est à la fois une plateforme de transactions pour les enseignes souhaitant se développer en France et à l’étranger ainsi qu’un réservoir de nouvelles tendances.

Soixante-dix pays sont présents. Qu’apporte cette internationalisation?

Depuis quelques années, le Moyen-Orient, la Russie, l’Inde et la Chine sont présents et renforcent sa dimension internationale. Cette internationalisation permet de redynamiser les échanges économiques. Elle favorise l’échange d’idées et l’innovation. Ces territoires représentent un vivier de consommateurs et de marchés à fort potentiel économique pour les entreprises, les enseignes et les investisseurs internationaux.

Pourquoi 90 villes et collectivités locales participent-elles au Mapic?

Les villes et les collectivités locales sont le fer de lance des réflexions urbanistiques et commerciales. Alors qu’il y a vingt ans le commerce ne relevait que du privé, la collaboration public-privé est désormais de mise en Europe. Les collectivités sont très impliquées dans la réflexion stratégique des centres commerciaux, qui peuvent être des vecteurs de cohésion sociale. Les élus veillent également à l’équilibre et la diversité de l’offre entre commerces de centre-ville et commerces de périphéries. Le commerce est un pan entier du développement économique d’une collectivité locale avec un impact crucial sur les entreprises qui s’y installent et sur ceux qui y vivent. Le regard des élus est bien naturel.

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