Les Centrafricains appelés à voter pour la paix

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    par Joe Bavier 
    BANGUI, 14 février (Reuters) - Les Centrafricains se sont 
rendus aux urnes dimanche pour le second tour d'une élection 
présidentielle censée tourner la page du conflit ethnique et 
religieux qui a fait des milliers de morts depuis mars 2013 et 
rétablir l'ordre institutionnel. 
    Au premier tour, le 30 décembre, Anicet-Georges Dologuélé, 
économiste qui a été Premier ministre de 1999 à 2001, est arrivé 
en tête avec 23,82% des voix contre 19,45% pour Faustin-Archange 
Touadéra, lui aussi ex-chef de gouvernement (2008-2013).     
    Les deux candidats ont achevé leur campagne vendredi en 
promettant de mettre fin à plusieurs années de violences 
ethniques et religieuses.  
    "Nous espérons que tout se passera bien et que les choses 
iront vite pour que nous puissions avoir un président. J'espère 
que nous allons en finir une fois pour toutes avec ces 
problèmes", a déclaré Parfait Gbokou, l'un des premiers 
électeurs à se présenter pour voter à Bangui.  
    Les Centrafricains doivent également revoter pour le premier 
tour des législatives, le scrutin du 30 décembre, coïncidant 
avec le premier tour de la présidentielle, ayant été annulé pour 
cause d'irrégularités. 
    Les bureaux de vote, sous protection des casques bleus de 
l'Onu, ont ouvert à 05h00 GMT mais certains avaient du retard. 
Ils ferment à 15h00 GMT. 
    La République centrafricaine a sombré dans le chaos en mars 
2013 lorsque les rebelles musulmans de la Séléka ont pris le 
pouvoir. Leurs exactions ont entraîné des représailles des 
milices chrétiennes "anti-Balaka" et l'armée française a dû 
intervenir dans le cadre de l'opération Sangaris pour mettre fin 
aux massacres. 
    "Nous espérons que notre nouveau président désarmera les 
combattants pour que nous puissions rentrer chez nous", souhaite 
Emilienne Namsona, qui vit depuis 2013 dans le camp de déplacés 
de M'poko, voisin de l'aéroport de Bangui, qui accueille 23.000 
autres déplacés.  
    "C'est important parce que nous souffrons, ici, en 
Centrafrique. Nous allons voter pour la paix", ajoute-t-elle.  
    
    DÉSENGAGEMENT FRANÇAIS 
    Au premier tour, le rejet de la violence s'est exprimé à 
travers la participation, qui a atteint 80%. 
    "Ce scrutin se déroule à un moment charnière pour le pays 
(...) C'est une formidable chance de prendre un nouveau départ", 
a souligné Parfait Onanga-Anyanga, chef de la Mission 
multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la 
stabilisation en République centrafricaine (Minusca).  
    Le chef de la mission d'observation de l'Union africaine, 
l'ancien Premier ministre sénégalais Souleymane Ndene Ndiaye, a 
indiqué que la participation semblait en recul par rapport au 30 
décembre. "Mais je suis très satisfait de voir que ce second 
tour est mieux organisé", a-t-il ajouté. 
    Anicet-Georges Dologuélé, ancien banquier, et 
Faustin-Archange Touadéra, ex-professeur de mathématiques, ont 
tous deux fait de la paix et de la sécurité les thèmes centraux 
de leurs candidatures. Le premier a en outre insisté sur la 
relance de l'économie et de l'investissement étranger, tandis 
que le second mettait l'accent sur la lutte contre la 
corruption.  
    Le retour à l'ordre démocratique après trois ans d'intérim 
ne résoudra toutefois pas les nombreux problèmes du pays du jour 
au lendemain. Quel qu'il soit, le vainqueur de la présidentielle 
aura la lourde tâche de rétablir l'autorité de l'Etat sur 
l'ensemble du territoire, de reconstruire l'armée et de procéder 
au désarmement des milices.  
    Le président français François Hollande a annoncé à la 
mi-janvier que la force Sangaris allait se retirer rapidement, 
une fois le processus électoral achevé.   
 
 (Avec Leger Serge Kokpakpa et Crispin Dembassa-Kette; 
Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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