Les Catalans votent symboliquement sur l'indépendance

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(Actualisé, participation en milieu de journée, Artur Mas) par Inmaculada Sanz BARCELONE, 9 novembre (Reuters) - Des centaines de milliers de Catalans devraient dire oui à l'indépendance de leur région ce dimanche lors d'une consultation symbolique organisée malgré l'opposition du gouvernement central de Madrid. Les indépendantistes radicaux espèrent qu'une forte participation conduira l'exécutif local à organiser des élections régionales anticipées. A 13h00 (12h00 GMT), plus d'un million de personnes, sur les 5,4 millions d'électeurs catalans, avaient voté, selon le gouvernement local. Cette "consultation citoyenne" se substitue à un référendum plus officiel, jugé inconstitutionnel, que voulaient organiser les dirigeants de la région. "Nous avons gagné le droit d'organiser un référendum", a déclaré le chef du gouvernement local, Artur Mas, en déposant son bulletin. "Nous faisons quelque chose de grand, ici en Catalogne, en défendant la liberté d'expression et en fixant l'avenir politique de notre pays", a-t-il ajouté. La dirigeante en Catalogne du Parti populaire (PP) au pouvoir à Madrid, Alicia Sanchez-Camacho, a dénoncé quant à elle un "simulacre" de consultation sans aucune garantie légale ou démocratique. Les organisations favorables à l'indépendance ont fait campagne pour que le taux de participation soit très important dans cette riche région, qui représente 20% du PIB espagnol. Plus de 40.000 volontaires sont venus aider à tenir et surveiller les bureaux de vote informels. "S'ils ne nous comprennent pas, ils devraient au moins nous respecter et accepter que chacun aille de son côté", a déclaré Angels Costa, un commerçant de 52 ans devant un bureau de Barcelone. "TROP DE MÉPRIS" "Nous aurions aimé faire partie d'un Etat fédéral mais ce n'est plus possible. Ils nous ont trop méprisés", a-t-il ajouté au sujet des autorités de Madrid. Les sécessionnistes espèrent qu'une forte participation incitera Madrid à négocier une plus grande autonomie pour la Catalogne dans les domaines politique et budgétaire. Certains espèrent même convaincre Madrid d'accepter à terme un référendum officiel sur l'indépendance. Pour les responsables des deux principaux partis catalans, Convergence et Union (CiU) et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), une forte participation, avec plus d'un million et demi de votants, enverrait aussi un message clair à Artur Mas pour qu'il organise des élections régionales anticipées. "Il est clair que cette consultation (...) ne nous donne pas le mandat démocratique que nous aurions eu avec une élection mais, ce qui est important, c'est que nous montrons encore une fois que les gens veulent voter, qu'ils veulent faire connaître leur opinion", a déclaré Oriol Junqueras, dirigeant de l'ERC. Selon les sondages, 80% des Catalans souhaitent une plus grande autonomie par rapport à l'Espagne et 50% sont favorables à l'indépendance pure et simple. Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a minimisé l'importance du vote catalan et assuré que celui-ci n'aurait aucune conséquence. "Ce n'est ni un référendum, ni une consultation, ni quoi que ce soit de ce genre", a-t-il insisté samedi en appelant les Catalans à "revenir à la raison". Le mouvement pour l'indépendance existe depuis longtemps dans cette région dotée d'une culture et d'une langue propres mais il s'est renforcé ces dernières années en raison des difficultés économiques. CRISE ÉCONOMIQUE Face à la crise, de nombreux Catalans jugent en effet qu'ils donnent trop à l'Etat et ne reçoivent pas assez. Début septembre, encouragés par le référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, même si le "non" l'a finalement emporté, plusieurs centaines de milliers de Catalans étaient descendus dans les rues de Barcelone, formant un immense "V" pour demander le droit de vote. Pourtant, tous ne sont pas favorables à un divorce avec le reste de l'Espagne. "L'Espagne est une", insiste Jose Jimenez, qui travaille dans un hôpital de Barcelone. "On essaie de favoriser le séparatisme mais, en fin de compte, c'est bien le gouvernement espagnol qui dirige notre pays. Cette consultation n'est pas une bonne chose." Les résultats de la consultation devront être pris avec prudence, estiment les analystes qui soulignent que les partisans de l'indépendance sont nombreux à se déplacer pour aller voter, tandis que les partisans d'un maintien au sein de l'Espagne risquent de boycotter le scrutin. Artur Mas, qui dirige CiU, a annoncé mercredi qu'il demanderait la semaine prochaine à Mariano Rajoy de renouer le dialogue sur une série de mesures économiques en faveur de la région. Au sein même de CiU s'opposent les partisans de l'indépendance totale et ceux d'une autonomie renforcée au sein de l'Espagne. Parmi les mesures que Mas veut aborder avec Rajoy figurent une augmentation des engagements financiers de Madrid envers la Catalogne et un renforcement des pouvoirs de l'exécutif local en matière fiscale. Pour tenter de calmer les ardeurs séparatistes, Mariano Rajoy est allé jusqu'à évoquer une réforme constitutionnelle qui accentuerait le caractère fédéral de l'Espagne. (Danielle Rouquié et Guy Kerivel pour le service français)

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  • M2931816 le dimanche 9 nov 2014 à 12:24

    Ce n'est pas un bon exemple,au moment ou il faut se rassembler pour faire face aux menaces du monde.Que dirions nous si la Bretagne,le pays Basque la Corse l'Alsace ou le pays Niçois pour ne citer qu'eux ,se mettaient à revendiquer leur indépendance au nom de leurs différences régionales!!!!

  • M9111073 le dimanche 9 nov 2014 à 11:13

    le droit des peuples à disposer d'eux memes malgré le système dictatorial mondialisé de l'union -forcée- européenne....