Les caprices de la politesse

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Le baptême impose tout une série d'obligations coûteuses. Jusqu'au XIXe siècle, il est donc délicat d'épargner cette corvée à un proche et de désigner un simple domestique, qui en est de facto dispensé. 
Le baptême impose tout une série d'obligations coûteuses. Jusqu'au XIXe siècle, il est donc délicat d'épargner cette corvée à un proche et de désigner un simple domestique, qui en est de facto dispensé. 

« Ensemble instable de règles de comportements en société », la politesse est par essence capricieuse, changeant ses codes et exigences tout en donnant à croire que les règles qu'elle édicte « pour rendre la vie plus douce » seraient immémoriales. Qui sait ainsi que porter une alliance quand on est marié est, à l'époque de Balzac, qui d'ailleurs s'en gausse, la mode inventée par les épiciers ? Ce n'est qu'au siècle précédant le nôtre qu'il parut soudain indispensable d'entourer son quatrième doigt d'un anneau signifiant l'engagement. Une trouvaille parmi tant d'autres dont nous régale Frédéric Rouvillois, expert en savoir-vivre et auteur du Dictionnaire nostalgique de la politesse (Flammarion).

Que les parents choisissent qui bon leur semble comme parrain ou marraine pour leurs enfants nous paraît aller de soi, il n'en est rien, poursuit l'auteur de ce recueil. Au début du XXe siècle, les usages sont formels : le premier-né reçoit pour parrain et marraine son grand-père paternel et sa grand-mère maternelle, le deuxième le grand-père maternel et la grand-mère paternelle et « ainsi de suite, dans les deux familles, par rang d'âge et alternance de sexe », précise la baronne Staffe dans ses Usages du monde. Imposer à son enfant ses grands-parents pour le porter sur les fonts baptismaux est en soi une révolution, puisque, auparavant, on désignait pour tenir ce rôle ses propres domestiques, voire le...

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  • M1903733 il y a 4 semaines

    C'est quoi la politesse., encore un truc de vieux